Alors que la République démocratique du Congo traverse une phase critique de son épidémie de choléra, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a appelé ce jeudi 10 juillet à une mobilisation générale.
Lors d’un point de presse organisé à l’hôtel du gouvernement, il a dressé un bilan alarmant de cette 26ᵉ semaine de surveillance, rappelant que la maladie frappe désormais 17 provinces et exige une réponse coordonnée entre autorités, partenaires et médias.
Une situation sanitaire en pleine aggravation

Le ministre Kamba a indiqué que plus de 33 500 cas de choléra ont été confirmés dans 135 zones de santé, avec un taux de létalité dépassant les 2 % et près de 254 décès recensés à l’échelle nationale.
À Kinshasa, ce sont 25 zones de santé qui enregistrent des cas, avec en moyenne 130 nouvelles contaminations chaque semaine.
Les provinces de Tshopo, Équateur, Tanganyika, Sud-Kivu et Nord-Kivu demeurent particulièrement touchées.
Cette propagation rapide, a souligné le ministre, trouve son origine dans des pratiques d’hygiène défaillantes et la consommation d’eau et d’aliments contaminés.
Renforcement des centres de traitement et soutien de l’UNICEF
Face à cette crise, Kinshasa dispose désormais de cinq centres de traitement du choléra, trois déjà opérationnels et deux mis en service ce jour même.
Lors du point de presse, Samuel Roger Kamba a réceptionné un lot de vingt tonnes de médicaments et de kits médicaux offerts par l’UNICEF, symbole de la solidarité internationale en appui à la riposte congolaise.
Ce renfort logistique, fruit d’un partenariat ancien, devrait permettre d’améliorer sensiblement la prise en charge gratuite des malades et de réduire la mortalité. Le rôle indispensable des médias et de la sensibilisation
L’une des difficultés majeures identifiées reste l’automédication et le retard de consultation.
« Beaucoup de cas sont gérés au sein des communautés, sans recourir aux structures sanitaires », a alerté le ministre.
Il a donc invité la presse à relayer massivement le message suivant : au moindre symptôme, diarrhée intense, vomissements, déshydratation, la première réaction doit être de se rendre sans délai dans un centre de santé.
Cette campagne de sensibilisation, a-t-il insisté, est aussi cruciale que l’approvisionnement en médicaments.
Vers une riposte multisectorielle et locale

Au-delà de la vaccination et des traitements, le gouvernement s’attache à régler les causes profondes de la propagation : accès à l’eau potable, assainissement des quartiers, promotion des pratiques d’hygiène de base.
Les ministères concernés, appuyés par l’OMS, l’UNICEF et d’autres organisations humanitaires, lancent des programmes d’installation de bornes fontaines, de latrines communautaires et de sessions d’éducation sanitaire.
Dans les provinces les plus touchées, les équipes mobiles sillonnent les villages pour vacciner les populations à risque et distribuer des sachets de purification de l’eau.
Alors que le choléra continue de menacer des vies et d’accentuer la crise humanitaire, le ministre Roger Kamba a rappelé que seule une action concertée, impliquant médias, autorités locales et partenaires, pourra inverser la tendance.
En insistant sur la gratuité des soins et l’importance de la communication, il a voulu redonner confiance aux citoyens et les inciter à recourir sans tarder aux structures sanitaires.
Le succès de cette mobilisation déterminera la capacité de la RDC à contenir cette épidémie, dans l’intérêt des millions de Congolais exposés chaque jour à ce fléau.
Lydia Mangala


