Une grande première en République Démocratique du Congo : les épreuves de la 58e session ordinaire de l’Examen d’État (EXETAT 2025) seront corrigées avec l’appui d’un système d’intelligence artificielle baptisé S-Note Manager.
Annoncé par la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, ce nouvel outil numérique marque une rupture technologique majeure visant à renforcer la fiabilité, la rapidité et la transparence du processus de correction. Un changement qui suscite à la fois espoirs et interrogations.
Un nouveau logiciel de correction conçu localement
Le système S-Note Manager a été développé par des experts congolais, sur instruction du ministère de l’Éducation nationale.
Il s’agit d’un logiciel de traitement automatisé des épreuves, capable d’analyser les réponses des candidats à travers leurs cahiers d’items.
Il permet une correction rapide, cohérente et standardisée des copies, tout en réduisant significativement les risques d’erreurs humaines.
Des centres de correction modernisés pour accompagner l’IA
Pour accompagner ce tournant numérique, deux nouveaux centres de correction ont été équipés à Kinshasa et à Mbuji-Mayi.
Ces centres disposent de salles spécialisées pour le scannage des copies, leur traitement informatique, ainsi qu’un espace de surveillance et de contrôle qualité.
Toutes les copies sont ainsi numérisées, analysées par S-Note Manager, puis envoyées aux correcteurs supervisés par l’Inspection générale.
Une promesse de transparence et de gain de temps
L’introduction de l’intelligence artificielle vise principalement à accélérer la publication des résultats, tout en garantissant une correction équitable et traçable. Grâce à ce système, le délai de traitement des résultats serait réduit de 30 à 40 %.
Ce changement veut aussi renforcer la confiance du public dans le système éducatif congolais, souvent critiqué pour ses irrégularités passées.
Des superviseurs humains toujours présents
Malgré cette automatisation, la ministre Raïssa Malu a précisé que l’intelligence artificielle ne remplace pas totalement l’humain.
Chaque étape du processus est encadrée par des inspecteurs qualifiés, qui valident les corrections effectuées par le système et s’assurent de leur conformité.
L’objectif est de conjuguer rigueur technologique et jugement pédagogique.
Un système qui suscite aussi des inquiétudes
Certaines voix, notamment sur les réseaux sociaux, craignent que cette rigueur algorithmique n’entraîne une baisse drastique du taux de réussite, estimant que les candidats n’ont plus droit à l’erreur.
Cette appréhension repose en partie sur la nouveauté du système et sur l’absence de familiarité avec les mécanismes de correction automatisée.
Toutefois, le ministère rassure que les critères d’évaluation restent pédagogiques et humains.
Un pari sur l’avenir éducatif
Avec S-Note Manager, la RDC entre dans une nouvelle ère éducative, celle de l’intelligence artificielle au service de l’équité et de la modernisation.
Cette innovation technologique, si elle est bien encadrée, pourrait faire de l’Examen d’État un modèle de transparence en Afrique.
Il reste donc à observer si les résultats de cette session 2025 confirmeront les promesses annoncées.
Lydia Mangala


