Un poste secondaire de la Police nationale congolaise (PNC), situé dans le quartier Socopao au cœur du bidonville de Pakadjuma, dans la commune de Limete à Kinshasa, a été la cible d’actes de vandalisme délibérés mardi dernier. Ces agressions ont été perpétrées par des habitants opposés à l’opération de relogement en cours, selon des informations recueillies auprès des forces de l’ordre.
Le sous-commissaire principal Chico Ngoy, responsable du poste, a expliqué que certains résidents de Pakadjuma, qui refusent encore de quitter les lieux malgré les efforts de relocalisation, avaient menacé à plusieurs reprises leur poste de police. « Ils avaient planifié de détruire nos installations et d’incendier les cinq machines utilisées pour démolir leurs abris. Nous avions été alertés depuis un moment, et ce mardi, ils sont passés à l’acte », a-t-il déclaré.
Selon ses propos, aux alentours de 3h30 du matin, les manifestants ont commencé à mobiliser la population en frappant sur des marmites et en soufflant dans des sifflets pour réveiller un maximum de personnes. « Une fois rassemblés, vers 4h30, ils ont entamé leurs actions hostiles », a-t-il ajouté.
Les protestataires ont incendié des pneus imbibés d’essence et bloqué la voie publique. Bien qu’ils semblaient prêts à intensifier la violence, l’intervention rapide des policiers sur place, soutenus par une unité venue du commissariat de Limete, a permis de disperser les émeutiers et de rétablir l’ordre. La situation était sous contrôle vers 8 heures du matin, mais les menaces persistent, d’après le commandant. Il a insisté sur la nécessité d’un renforcement en matériel et en soutien logistique de la part de la hiérarchie.
Dans la journée, le poste de Socopao a été appuyé par l’unité GMI Alpha et la police « For Ever », qui ont assuré la sécurité tout au long des opérations.
Le commissaire Ngoy a également souligné que l’Office National des Transports (ONATRA) et les autorités provinciales sont déterminés à évacuer les habitants du bidonville, malgré leur résistance. Il a précisé que la police se concentre uniquement sur la protection des personnes et des biens, tandis que les démolitions sont exécutées par les équipes gouvernementales.
Enfin, il a rappelé qu’un site d’accueil est en cours d’aménagement à Maluku pour reloger environ 20 000 familles déplacées de Pakadjuma. Les travaux avancent rapidement afin de garantir des conditions de vie décentes à ces populations.
Joëlle Luniongo


