Le Président Félix Tshisekedi Tshilombo a pris une décision majeure en révisant la sentence de Marcel Malanga Malu, condamné à mort dans le cadre de la tentative de coup d’État du 19 mai 2024.
Par l’ordonnance n°25/183 du 28 mars 2025, rendue publique le mardi 01er avril 2025, la peine capitale a été convertie en servitude pénale à perpétuité.
Cette mesure, appliquée également à Taylor Christa Thomson et Zalman Polun Benjamin, ressortissants américains condamnés dans la même affaire, marque un tournant significatif dans la politique judiciaire du pays.
Un contexte judiciaire et politique exceptionnel
Marcel Malanga, fils de Christian Malanga, considéré comme le chef d’un groupe accusé d’avoir cherché à renverser les institutions, avait été condamné le 27 janvier 2025 par la Cour militaire de Kinshasa/Gombe.
La sentence de mort, devenue définitive le 09 mars 2025, s’inscrivait dans le cadre d’un procès tenu en audience foraine à la prison militaire de Ndolo, impliquant 37 personnes.
Toutefois, la demande individuelle formulée par le ministère public a conduit à une réévaluation de cette condamnation.
Les modalités de la mesure de grâce
L’ordonnance précise que la peine capitale est désormais transformée en servitude pénale à perpétuité. Selon l’article 2 du texte, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba, est chargé de l’exécution de cette mesure dès sa signature.
Cette décision vise à concilier la rigueur des procédures judiciaires avec une approche plus nuancée face à des affaires au contexte politique sensible.
La mesure de grâce accordée par le Président Félix Tshisekedi à Marcel Malanga Malu et à ses compagnons se présente comme un geste fort, inscrit dans une dynamique de révision des pratiques judiciaires en période de crises.
En optant pour une peine de servitude pénale à perpétuité, le Président Tshisekedi semble vouloir éviter l’irréversibilité d’une peine de mort, ouvrant ainsi la voie à une réflexion plus large sur la réhabilitation et la responsabilité pénale dans des contextes de haute tension politique.
Le pouvoir exécutif congolais cherche à instaurer un équilibre délicat entre justice, sécurité nationale et considérations humanitaires, tout en envoyant un signal clair sur l’importance d’adapter les réponses judiciaires aux enjeux contemporains de l’État.
Cette décision, qui interpelle tant les milieux politiques que les observateurs internationaux, ouvre un nouveau chapitre dans la gestion des affaires de coup d’État en RDC, et pose les jalons d’un débat sur la nature et l’évolution de la justice pénale dans des contextes exceptionnels.
Lydia Mangala


