Ce mercredi 4 juin 2025, à Kinshasa, la ministre des Droits Humains, Chantal Chambu Mwavita, a reçu une délégation de haut niveau de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Conduite par Muriel Berset-Cohen, représentante permanente de la Suisse auprès de la Francophonie, la mission avait pour objectif de manifester la solidarité francophone envers la population congolaise et d’accueillir des informations de première main sur la situation des droits humains dans les provinces de l’Est, particulièrement éprouvées par la crise sécuritaire.
Une visite fondée sur l’écoute et la solidarité

Dès son arrivée, Muriel Berset-Cohen a rappelé la volonté de l’OIF de se tenir aux côtés de la RDC dans cette période d’instabilité :
« Nous sommes venus écouter, comprendre et témoigner notre solidarité face aux souffrances que traverse le peuple congolais, en particulier dans l’Est du pays. »
La délégation a salué l’engagement des autorités congolaises, tant pour dénoncer les graves atteintes aux droits fondamentaux que pour coordonner les actions de protection des civils.
Un constat alarmant des violations dans l’Est

Lors de l’audience, Maître Chantal Chambu Mwavita a présenté un tableau préoccupant. Elle a décrit la multiplication des violences à l’égard des femmes, victimes d’agressions sexuelles et d’enlèvements, ainsi que les déplacements forcés de milliers de familles qui fuient les zones de combat.
Elle a souligné l’impunité qui règne encore dans certaines régions, où les groupes armés continuent d’agir sans crainte de poursuites. La ministre a insisté sur la nécessité d’une documentation rigoureuse des actes répréhensibles, afin que rien ne reste couvert par le silence et que des poursuites puissent être engagées devant les juridictions compétentes.
Les efforts congolais et l’appel à l’accompagnement francophone

Au-delà du constat, Maître Chambu a rappelé les initiatives déjà entreprises par le gouvernement. Des cellules de documentation ont été mises en place pour recueillir les témoignages des victimes, des centres d’accueil offrent un appui psychologique et médical aux personnes affectées, et un plaidoyer international s’est engagé pour sensibiliser les partenaires au drame humanitaire qui se déroule dans l’Est.
La ministre a toutefois appelé à un soutien renforcé :
« Il est crucial que la voix des victimes soit portée au-delà de nos frontières. La RDC attend de ses partenaires une action concrète en faveur de la justice et de la paix durable. »
Elle a notamment évoqué la nécessité d’une collaboration plus étroite avec les agences de l’OIF pour former des magistrats, renforcer les capacités des organisations de la société civile et financer des programmes de réconciliation communautaire.
Une mission de l’OIF centrée sur la diplomatie humaine

Au cours de sa mission, la délégation de l’OIF doit également rencontrer des représentants du Parlement congolais et des ONG, en particulier les femmes défenseures des droits humains qui œuvrent sur le terrain.
L’objectif est d’inscrire la lutte contre les violations au sein de toutes les sphères de la francophonie et de s’assurer que les recommandations formulées à l’issue de ces échanges soient prises en compte dans les prochains sommets francophones.
Pour la Francophonie, dont la RDC est le plus grand État membre, il s’agit de faire prévaloir une diplomatie humaine, plaçant la protection des populations civiles au centre des préoccupations.
Vers une mobilisation collective pour la paix
En quittant son entrevue avec la ministre congolaise, Muriel Berset-Cohen a réaffirmé l’engagement de l’OIF à coordonner le plaidoyer en faveur de la protection des civils, à soutenir la lutte contre l’impunité et à faire reconnaître chaque violation comme une atteinte inacceptable aux principes fondamentaux.
Elle s’est dite convaincue que, par cette coopération renforcée, il serait possible de ramener la sécurité dans les provinces de l’Est et de faire progresser la justice pour les victimes.
Pour la RDC, ce soutien francophone marque un pas supplémentaire dans la recherche d’une réponse coordonnée aux crises sécuritaires et humanitaires qui pèsent sur le pays.
Lydia Mangala


