L’Inspection générale du Service National de Formation a organisé, ce jeudi à Kinshasa, un atelier de sensibilisation destiné aux coordonnateurs nationaux des écoles conventionnées afin de mettre en lumière l’importance de l’éducation préscolaire en République démocratique du Congo.
Cette rencontre, présidée par Michel Otto, inspecteur général adjoint chargé de la formation du personnel de l’enseignement préscolaire, a réuni plusieurs acteurs du secteur éducatif. L’objectif était de faire le point sur la situation actuelle du préscolaire et de réfléchir aux actions nécessaires pour améliorer l’accès à ce niveau d’enseignement.
Placée sous le thème « Pourquoi investir dans le préscolaire aujourd’hui ? », la rencontre a permis de mettre en évidence les nombreux défis auxquels ce sous-secteur est confronté. Les statistiques présentées lors de l’atelier révèlent une situation encore fragile : seulement 6 % des enfants congolais ont accès aux structures préscolaires, tandis que 12 % des enseignants sont qualifiés pour encadrer les enfants à ce niveau. De plus, seulement 18 % des inspecteurs disposent des compétences requises, ce qui limite la capacité de supervision et d’accompagnement pédagogique.
À ces difficultés s’ajoute l’absence de projets spécifiques d’envergure consacrés au développement du préscolaire, un manque qui ralentit l’expansion des écoles maternelles dans plusieurs provinces du pays.
Face à ce constat jugé préoccupant, Michel Otto a lancé un appel à une mobilisation collective en faveur de l’éducation des tout-petits. Selon lui, les premières années de la vie jouent un rôle déterminant dans le développement intellectuel et social de l’enfant.
Il a notamment rappelé que le cerveau de l’enfant se développe dès le bas âge, soulignant ainsi la nécessité d’investir dans des écoles maternelles de qualité afin d’offrir aux enfants un encadrement éducatif dès leurs premières années de vie.
Malgré les défis, certaines initiatives locales offrent toutefois des signes encourageants. Dans la province du Kwilu, par exemple, 500 écoles maternelles sont déjà mécanisées et prises en charge, ce qui permet d’améliorer progressivement l’accès à l’éducation préscolaire.
Dans la sous-division éducative de Bilungu 2 Nkara, les efforts sont également visibles. La zone compte 150 écoles maternelles publiques et 148 écoles mécanisées, contribuant ainsi à élargir les possibilités de scolarisation des jeunes enfants.
À l’issue de cet atelier, les participants ont pris plusieurs engagements visant à renforcer le développement de l’éducation préscolaire en République démocratique du Congo. Ils ont notamment insisté sur la nécessité d’accroître les investissements dans ce sous-secteur, de former davantage d’enseignants spécialisés et de développer des programmes adaptés aux besoins des enfants.
Pour l’Inspection générale du Service National de Formation, le préscolaire doit désormais être considéré comme une priorité stratégique pour l’avenir du système éducatif congolais. L’institution appelle ainsi les partenaires, les autorités et les décideurs à soutenir davantage les initiatives visant à garantir une éducation de qualité aux enfants congolais dès leur plus jeune âge, une étape essentielle pour construire les bases du développement du pays.
Lydia Mangala


