Sur son compte X, l’opposant Martin Fayulu a exprimé avec force son exaspération face au désordre apocalyptique qui règne quotidiennement sur les artères de Kinshasa.
Selon lui, la capitale suffoque dans la paralysie et les acteurs chargés de garantir la fluidité de la circulation, qu’ils soient responsables politiques ou forces de l’ordre, semblent figés dans une indifférence scandaleuse.
Critique du « cache-misère »
S’opposant à l’idée, largement relayée sur les réseaux sociaux, d’instaurer un système d’alternance des plaques paires et impaires, Martin Fayulu estime qu’une telle mesure ne saurait constituer une véritable politique de décongestion.
Pour lui, limiter la circulation aux jours pairs ou impairs ne ferait que maquiller un problème de fond, sans régler la détérioration des voiries ni l’absence de régulation effective.
Des propositions pour sortir de l’impasse
Plutôt que de se cantonner à des mesures ponctuelles, l’ancien candidat à la présidentielle appelle à un véritable plan d’action.
Il plaide pour la remise en service des feux de signalisation qui, aujourd’hui, demeurent trop souvent hors d’usage, ainsi que pour la formation et la discipline des policiers routiers afin qu’ils exercent pleinement leur rôle de régulateurs.
Il exhorte également les autorités à prendre à bras-le-corps la réhabilitation des chaussées et l’aménagement des carrefours stratégiques.
Enfin, il ne manque pas de rappeler l’urgence de rouvrir les lignes de train urbain, seules capables, à ses yeux, de soulager durablement le réseau routier.
Un défi structurel
Les embouteillages ne sont pas nouveaux à Kinshasa. Au contraire, ils témoignent d’un problème structurel avec notamment routes dégradées, manque d’éthique de travail chez certains agents de la police, et non-respect persistant du code de la route par une frange importante des conducteurs.
L’expérience de la circulation à sens alterné, expérimentée fin 2024 sur quelques artères, avait déjà suscité critiques et effets pervers, aggravant parfois les bouchons plutôt que de les réduire.
Vers une prise de conscience ?
Alors que les habitants de Kinshasa continuent de subir des heures de perdition dans le trafic, la charge lancée par Martin Fayulu pourrait devenir le catalyseur d’un débat plus large sur la gouvernance urbaine et les priorités d’investissement.
Entre accusés d’incompétence et propositions de réforme, c’est toute la manière de penser la mobilité dans la capitale qui est aujourd’hui remise en question.
Lydia Mangala


