Dans les couloirs silencieux de certains centres de santé à Kinshasa, dans les plaines inquiètes du Nord-Kivu ou encore dans les familles touchées par les inondations, une même inquiétude plane : l’état de santé publique en République démocratique du Congo se dégrade, lentement mais sûrement.
La semaine 18 de l’année 2025 vient de tirer la sonnette d’alarme. Et elle est retentissante.
Mpox : plus qu’une urgence épidémiologique, un cri de détresse collective
2 707 nouveaux cas suspects en une seule semaine, 163 cas confirmés, un taux de positivité de 38,9 %. À Kinshasa seulement, 102 personnes luttent actuellement contre le Mpox.
Les quartiers de Kinkole, Masina, Vijana ou encore HMC sont particulièrement touchés. Les jeunes de 5 à 24 ans, majoritairement des hommes, en paient le plus lourd tribut.
Les chiffres s’accumulent, mais les conditions de vie restent inchangées.
Face à cette montée en flèche, les autorités tentent de contenir la situation. 521 048 personnes ont déjà reçu la première dose du vaccin, et une nouvelle cargaison de 200 000 doses est arrivée grâce à GAVI.
Une riposte est en cours, certes. Mais elle reste fragile dans un contexte où les hôpitaux manquent de lits, de matériel et parfois de personnel.
Inondations à Kinshasa : et après l’eau, les maladies
La capitale, endeuillée par les inondations du mois d’avril, n’a pas encore pansé ses plaies que les pathologies s’y greffent.
Deux cas confirmés de Mpox, un cas suspect, quatre cas suspects de rougeole et un signalement de co-infection VIH-tuberculose ont été rapportés.
Mais au-delà des chiffres, ce sont les conditions sanitaires qui inquiètent : plus de 70 morts, 150 blessés, 73 structures de santé endommagées.
Le ministère de la Santé publique a bien déployé un dispositif d’urgence, mais celui-ci ne suffit pas toujours à faire barrage à la progression silencieuse des maladies.
Anthrax : le danger vient aussi des bêtes
Pendant ce temps, dans le parc national des Virunga, au Nord-Kivu, une autre menace refait surface : l’anthrax.
Quatre chèvres mortes, un cas humain confirmé, dix-huit autres sous observation. Une situation qui rappelle combien l’interface homme-animal reste explosive dans certaines zones du pays.
L’OMS est sur le terrain. Elle renforce la surveillance, initie la vaccination du bétail et tente d’endiguer la progression. Mais dans une région rongée par l’insécurité et l’instabilité, chaque intervention est un pari risqué.
Face à la tempête sanitaire, des signes d’espoir ?
Dans cet épais brouillard épidémiologique, une lueur se dessine malgré tout : le laboratoire de la province du Tanganyika est désormais opérationnel.
Un pas important vers un meilleur diagnostic, plus rapide, plus fiable. Mais là encore, la volonté politique devra suivre pour transformer cette avancée technique en changement durable.
Respirer, se soigner, vivre, en RDC, ces droits fondamentaux sont encore souvent des privilèges. Cette semaine 18 ne fait que le rappeler.
Lydia Mangala


