
L’annonce a été faite samedi par le ministre de la Justice, Constant Mutamba, qui a évoqué des détournements massifs de fonds estimés à plusieurs centaines de millions de dollars. Cela découle d’un rapport accablant rendu public par l’Inspection générale des finances (IGF).
Entre 2012 et 2020, plus de 300 millions de dollars d’avances fiscales de la Gécamines, le géant minier public, sont restés introuvables, selon le rapport de l’IGF. Des retraits en liquide non justifiés à la Banque centrale s’élèvent à des millions de dollars. En 2018, par exemple, 16 millions de dollars ont été décaissés sur ordre verbal de la présidence, et un autre retrait de près de 10 millions de dollars a été effectué par un directeur.
Lors d’une audition en 2021, Déogratias Mutombo, alors gouverneur de la BCC, a déclaré que ces fonds avaient été déposés à la résidence de l’ancien président Joseph Kabila.
Constant Mutamba a indiqué que des mandats d’arrêt internationaux avaient été émis contre les personnes impliquées, avec une transmission aux juridictions de plusieurs pays pour faciliter leur arrestation.
« Des interpellations seront effectuées dès la semaine prochaine pour les personnes encore présentes sur le territoire national », a précisé un communiqué du ministère.
Cette gestion a déjà été critiquée par un rapport de l’IGF publié en 2022. Ce document relevait des irrégularités dans les contrats de partenariat minier, un manque de transparence et des préjudices financiers liés à des cessions d’actifs.
Ben Mandjolo

