La commission mixte réunissant le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes de crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) et la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR) ont lancé, à l’Université de Kisangani, la première étape d’une tournée universitaire nationale consacrée à l’appropriation du génocide congolais pour des gains économiques, connu sous l’appellation GENOCOST.
Cette initiative marque également le lancement officiel d’un fonds de subvention destiné à soutenir la recherche scientifique sur les crimes et massacres commis en République démocratique du Congo.
Selon les organisateurs, cette tournée s’articule autour de l’appropriation nationale recommandée par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, à l’issue de la table ronde inclusive consacrée à la reconnaissance du génocide congolais.
À travers cette tournée dans les universités du pays, les initiateurs souhaitent sensibiliser les étudiants, les chercheurs et les enseignants à l’importance de documenter les violences de masse et les tragédies qui ont marqué l’histoire récente de la RDC.
Les échanges organisés à l’Université de Kisangani ont ainsi permis de mettre en avant le rôle central du monde académique dans la production de connaissances sur ces événements. L’objectif est d’encourager la recherche scientifique afin de mieux comprendre, documenter et analyser les génocides et massacres commis sur le territoire congolais.
Le fonds de recherche annoncé dans ce cadre vise à soutenir les travaux académiques consacrés à ces questions, notamment les études historiques, sociologiques, juridiques et politiques liées aux violences de masse en RDC.
Pour les initiateurs du programme, ces recherches sont essentielles pour renforcer la mémoire collective et contribuer à la reconnaissance des souffrances des victimes. Elles doivent également soutenir la quête de justice et de réparations pour les communautés affectées par ces crimes.
En impliquant les universités dans cette démarche, les autorités souhaitent créer une dynamique intellectuelle et scientifique autour de la question du GENOCOST, afin que la mémoire de ces événements soit mieux préservée et transmise aux générations futures. Au-delà du travail académique, cette initiative entend également rappeler l’importance de lutter contre l’oubli et l’impunité.
« La connaissance est une arme contre l’oubli », rappellent le FONAREV, soulignant que la recherche et la mémoire constituent des outils essentiels pour bâtir une société plus consciente de son histoire et plus engagée dans la défense de la justice.
Lydia Mangala


