L’atmosphère était électrique dans la soirée du mardi 21 avril aux abords du siège de la Fédération congolaise de football association. À quelques minutes de la clôture des dépôts de candidatures, le suspense a pris fin avec l’arrivée de Véron Mosengo-Omba. En officialisant sa candidature en solo pour la présidence, l’ancien secrétaire général de la Confédération africaine de football ne s’est pas contenté d’allonger la liste des prétendants, mais il a plutôt redéfini les équilibres d’un scrutin prévu le 20 mai prochain. Mais au-delà de l’événement, une question s’impose : peut-il réellement incarner le renouveau d’une fédération en difficulté ?
Le constat est sans appel. Si la Fédération internationale de football association a instauré un Comité de normalisation, c’est que la situation de la FECOFA était critique. Gouvernance contestée, infrastructures dégradées, instabilité des compétitions… le football congolais sort d’une longue période de turbulences. Dans ce contexte, le retour sur le devant de la scène de certains anciens acteurs suscite scepticisme et interrogations.
C’est précisément dans ce climat de méfiance que le profil de Véron Mosengo-Omba attire l’attention. Son principal atout réside dans son expérience au sein des instances internationales. Habitué aux standards de gouvernance et aux exigences institutionnelles, il dispose d’un réseau et d’une crédibilité susceptibles de faciliter la reconnexion de la FECOFA avec ses partenaires.
En choisissant de se présenter de manière indépendante, sans alliance affichée, notamment avec Shabani Nonda, il affiche une volonté de se démarquer des logiques traditionnelles. Son projet, structuré autour de plusieurs axes stratégiques, met l’accent sur la transparence financière, la professionnalisation de la gestion et le développement du football à l’échelle nationale.
Parmi ses priorités figurent la traçabilité des fonds, le renforcement de la formation dans les provinces et une collaboration accrue avec les autorités publiques pour moderniser les infrastructures sportives. L’ambition est de passer d’une gestion de crise à une dynamique de développement durable.
Cependant, son profil international, souvent perçu comme un avantage, pourrait aussi alimenter certaines réserves. La question de son ancrage local et de sa capacité à naviguer dans les réalités du football congolais reste posée.
Au final, la décision reviendra au collège électoral. Présidents de ligues, représentants des clubs et autres délégués devront trancher entre continuité et rupture. Dans un contexte où les attentes sont fortes, le scrutin du 20 mai s’annonce comme un tournant décisif.
Le football congolais se trouve aujourd’hui à un carrefour. Entre héritage d’un passé difficile et espoir d’un renouveau, l’élection à venir pourrait redessiner durablement son avenir.
Josaphat Mayi


