Le verdict est tombé comme un couperet dans l’étroite salle d’audience du tribunal de Rabat. La justice marocaine a rendu son délibéré dans l’affaire des 18 supporters sénégalais interpellés lors des violents incidents ayant émaillé la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) opposant le Maroc au Sénégal.
L’atmosphère était lourde de gravité. Les prévenus sont apparus devant le juge deux par deux, les poignets entravés, fendant difficilement une foule compacte venue assister à l’épilogue de ce qui devait être une fête du football continental. Dans l’exiguïté du tribunal, le contraste était frappant entre la ferveur sportive d’il y a quelques semaines et la solennité froide de l’appareil judiciaire.
Les chefs d’accusation retenus ne laissaient que peu de place à l’indulgence. Poursuivis sous la qualification de « hooliganisme », les prévenus devaient répondre d’actes de violence contre les forces de l’ordre, de dégradations d’équipements sportifs, d’invasion de la pelouse et de jets de projectiles.
La justice a ainsi souhaité marquer les esprits par une fermeté exemplaire. En fait, le noyau dur est sanctionné. Neuf des supporters ont écopé de la peine la plus lourde, soit un an de prison ferme et une amende de 5 000 dirhams (environ 460 euros). Six autres prévenus ont été condamnés à six mois de prison assortis d’une amende de 2 000 dirhams (180 euros). Les trois derniers membres du groupe ont reçu une sentence de trois mois de prison et une amende de 1 000 dirhams (90 euros).
Cette décision intervient dans un climat déjà tendu par les mesures administratives prises au sommet du football africain. Fin janvier, la Confédération africaine de football (CAF) avait déjà frappé fort en infligeant des amendes record se chiffrant en centaines de milliers d’euros aux fédérations marocaine et sénégalaise pour manquements graves aux principes de fair-play.
Si le sifflet final de la CAN a retenti depuis longtemps, les échos de cette finale continuent de résonner, rappelant avec amertume que la passion du stade ne saurait justifier les débordements de la rue.
Josaphat Mayi


