La République démocratique du Congo a officiellement déposé sa candidature, le lundi 1er décembre 2025, pour abriter le Bureau régional de la Zone Afrique du Centre Consultatif pour le Règlement des Différends entre les Investisseurs et les États.
La démarche a été accomplie à Paris par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, mandaté par la Haute Hiérarchie du pays.
Une démarche stratégique à portée continentale
Le dépôt de cette candidature au Secrétariat général de la Commission des Nations Unies pour le Droit Commercial marque une avancée majeure dans la diplomatie économique congolaise.
Pour la RDC, l’enjeu est d’affirmer son ambition de devenir un pôle d’excellence en matière de droit commercial international, d’arbitrage et de mécanismes de règlement des différends, au service non seulement du pays mais de toute l’Afrique centrale.
Selon le ministre Julien Paluku, cette initiative répond à une vision claire de positionner la RDC au cœur des dispositifs internationaux de sécurisation des investissements, dans un continent où la stabilité juridique constitue un levier essentiel pour attirer les capitaux.
Une candidature soutenue par des partenariats internationaux solides
Ces dernières années, la RDC a renforcé sa crédibilité auprès des institutions mondiales spécialisées dans le commerce et l’investissement.
Elle a noué des partenariats stratégiques de haut niveau avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à travers le Cadre Intégré Renforcé (CIR), la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) ainsi que le Centre du Commerce International (CCI).
Ces collaborations témoignent d’un engagement réel du pays à moderniser son environnement économique, à harmoniser son cadre réglementaire et à se conformer aux standards internationaux en matière de gouvernance et de règlement des litiges.
Douze piliers pour soutenir la candidature congolaise
L’argumentaire présenté par la RDC repose sur un socle stratégique de douze piliers, détaillés par le ministre Julien Paluku.
Parmi ces points clés figurent :
– La position géographique exceptionnelle du pays, au cœur du continent, entouré de neuf voisins directs et situé à proximité de douze autres États de la région, un atout majeur en matière d’accessibilité ;
– Un marché potentiel de près de 450 millions de consommateurs, faisant de la RDC un hub économique continental ;
– La richesse de ses ressources naturelles, essentielles à la transition énergétique mondiale et à la lutte contre le changement climatique ;
– Un cadre juridique en modernisation constante, notamment grâce au droit OHADA et aux réformes engagées dans le Code des investissements et les Zones Économiques Spéciales ;
– L’appartenance du pays à plusieurs communautés économiques régionales (SADC, CEEAC, COMESA), renforçant son intégration et son attractivité ;
– L’engagement financier du gouvernement, qui a d’ores et déjà prévu dans le budget 2026 les moyens nécessaires pour équiper le bureau et assurer son fonctionnement initial.
Ces éléments démontrent la volonté politique claire de doter la région d’un mécanisme fiable, accessible et moderne pour résoudre les différends entre investisseurs et États.
Un leadership aligné sur la vision du Chef de l’État

Cette candidature s’inscrit dans la vision du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui fait de la diversification économique, de la diplomatie commerciale et de l’amélioration du climat des affaires des priorités nationales.
En accueillant un tel bureau sur son territoire, la RDC ambitionne non seulement de renforcer ses compétences en arbitrage commercial, mais aussi d’offrir aux pays voisins une plateforme neutre, professionnelle et efficace pour favoriser les investissements et résoudre les litiges dans un esprit de justice et de transparence.
Une étape déterminante pour la diplomatie économique de la RDC
Si elle est retenue, cette candidature permettra à la RDC de renforcer son rôle stratégique en Afrique centrale et d’accroître son influence dans les mécanismes internationaux de règlement des différends.
Cela constituerait également un signal envoyé aux investisseurs de celui d’un pays engagé dans la modernisation, la stabilité et la consolidation de ses infrastructures institutionnelles.
Lydia Mangala


