Les agents et cadres de l’administration urbaine de Kinshasa ont entamé, ce mercredi 22 avril, une grève générale et illimitée pour dénoncer les retards persistants dans le paiement de leurs salaires.
Dans un communiqué publié la veille, l’intersyndicale de l’administration publique de la capitale fait état d’importants arriérés. Elle évoque notamment huit mois d’impayés pour le personnel administratif au titre de l’année 2025, contre dix mois pour le personnel politique. À ces dettes s’ajoutent les salaires des mois de janvier, février et mars 2026, toujours non versés.
Face à cette situation, les syndicats ont décidé de lancer un mouvement de cessation totale du travail, sans préavis, jusqu’à nouvel ordre. Ils dénoncent également le non-respect de la rétrocession de 5 % destinée aux services mobilisateurs des recettes, ainsi que les conditions de travail jugées précaires au sein de l’administration.
L’intersyndicale pointe en outre le non-respect des engagements pris par l’exécutif provincial, notamment à l’issue des discussions du 15 avril 2026 avec les ministres provinciaux en charge de la Fonction publique et des Finances. Ces promesses avaient pourtant permis d’instaurer une trêve temporaire entre les deux parties.
Dans la foulée, les syndicats annoncent que les locaux administratifs de l’Hôtel de ville seront fermés durant toute la durée du mouvement. Ils appellent également les représentations diplomatiques, les établissements bancaires ainsi que les institutions publiques et privées à ne pas traiter les documents émanant de l’administration urbaine pendant cette période.
Par ailleurs, les grévistes sollicitent l’appui des services de sécurité, notamment la Police nationale congolaise et l’Agence nationale de renseignements, afin d’encadrer le mouvement conformément aux dispositions légales.
L’intersyndicale exprime enfin sa profonde déception face à ce qu’elle considère comme un manque de volonté politique du gouvernement provincial à répondre à ses revendications. Elle réaffirme son exigence de paiement intégral des arriérés et d’amélioration des conditions de travail, condition sine qua non pour une reprise des activités administratives.
Joëlle Luniongo


