Après plus de cinq années de silence, le Comité Interministériel de Pilotage de la Décentralisation (CIPD) a tenu, lundi 8 septembre 2025, une nouvelle réunion, présidée par la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka.
Une rencontre qualifiée de tournant majeur dans la relance d’un processus longtemps en panne, mais indispensable à l’équilibre et au développement du pays.
Un diagnostic sans complaisance
La réunion a permis d’identifier les principaux blocages qui entravent la décentralisation, parmi lesquels :
– les difficultés liées au transfert effectif des compétences aux provinces ;
– la gestion complexe des finances locales ;
– la lenteur dans la mise en place d’une fonction publique provinciale ;
– et l’insuffisance de mécanismes de contrôle et d’accompagnement.
La question de la péréquation et du financement

Un point central des débats a porté sur le rôle de la Caisse nationale de péréquation, jugé encore flou et peu efficace.
Les discussions ont insisté sur la nécessité de clarifier et de renforcer son action, notamment en la distinguant des programmes ponctuels comme le PDL-145T.
Un sujet sensible qui a été traité est la rétrocession des 40 % des recettes nationales aux provinces.
Les participants ont évoqué la nécessité de procéder à des réajustements réalistes, adaptés au contexte budgétaire actuel, tout en recherchant des solutions durables pour assurer aux provinces les ressources nécessaires à leur autonomie.
Une feuille de route pour novembre

La Première Ministre a annoncé qu’une nouvelle session du CIPD se tiendra en novembre, afin de finaliser des mesures concrètes et opérationnelles.
Elle a instruit les ministres sectoriels à s’impliquer activement pour lever les obstacles administratifs et financiers, en travaillant en synergie avec les gouvernements provinciaux et la société civile.
Décentralisation : un levier pour la cohésion nationale
En relançant ce comité, Judith Suminwa a réaffirmé la détermination de son gouvernement à faire de la décentralisation un véritable levier de gouvernance locale, d’équité territoriale et de transparence.
La décentralisation doit renforcer la cohésion nationale et rapprocher l’action publique des citoyens.
Elle a souligné l’ambition de doter chaque province des moyens de gérer efficacement ses compétences et de contribuer pleinement au développement de la RDC, cœur de l’Afrique.
Cette relance du CIPD constitue donc une étape décisive pour replacer la décentralisation au centre de la politique publique et répondre aux attentes des populations à travers le territoire national.
Lydia Mangala


