La tension est montée d’un cran au sein de la Société nationale d’électricité (SNEL). Au cœur de cette crise de gouvernance, une sortie médiatique remarquée du directeur général, Teddy Lwamba, qui a tenu à rassurer les agents ainsi que l’opinion publique quant à l’avenir de l’entreprise.
Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, le patron de la SNEL s’est montré catégorique sur le fait que l’entreprise publique ne sera pas démantelée. Cette déclaration intervient dans un contexte de profond désaccord avec le président du Conseil d’administration, Luc Badibanga, accusé par certaines sources internes de vouloir restructurer la société en séparant ses principales branches entre autres production, transport et distribution.
Une bataille de visions pour l’avenir de la SNEL
Selon plusieurs indiscrétions, cette proposition de « démembrement » s’inscrirait dans une logique de réforme visant à améliorer la gestion et la rentabilité du secteur électrique. Une approche déjà expérimentée dans plusieurs pays africains, souvent encouragée par des partenaires techniques et financiers internationaux.
Cependant, cette option suscite une vive résistance en interne. Pour Teddy Lwamba et ses soutiens, dont certains membres du gouvernement, une telle réforme risquerait d’affaiblir davantage une entreprise déjà confrontée à de nombreux défis structurels : sous-investissement chronique, vétusté des infrastructures, pertes techniques élevées et difficultés de recouvrement.
Des accusations sensibles autour de la gestion interne
Au-delà du désaccord stratégique, la crise prend une tournure plus délicate avec des accusations visant directement le PCA. Luc Badibanga est notamment pointé du doigt pour le blocage du budget de fonctionnement de la société depuis plusieurs mois, une situation qui aurait contribué à paralyser certaines activités essentielles.
Dans ce climat tendu, une autre proposition controversée, attribuée au PCA, alimente la polémique. Il s’agit du recrutement de certains directeurs sous statut de consultants, assorti de rémunérations spécifiques. Une idée jugée inopportune par plusieurs cadres, qui s’interrogent sur le sort des responsables actuellement en fonction ainsi que sur les risques de marginalisation des compétences internes.
Une communication pour rassurer
Face à ces incertitudes, la sortie médiatique de Teddy Lwamba apparaît comme une tentative de reprise du contrôle du discours. En affirmant que la SNEL « restera unifiée », le directeur général cherche avant tout à rassurer les milliers d’agents inquiets pour leur avenir, tout en adressant un signal fort aux décideurs politiques.
Cette prise de parole publique met en lumière des tensions rarement exposées au grand jour dans la gestion des entreprises publiques en République démocratique du Congo.
Un enjeu stratégique national
La crise à la SNEL dépasse le cadre d’un simple conflit interne. Elle touche un secteur vital pour le développement économique du pays. L’électricité constitue un levier essentiel pour l’industrialisation, l’attractivité des investissements et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Dans ce contexte, toute réforme de la SNEL devrait, selon plusieurs observateurs, s’inscrire dans une vision globale, concertée et progressive, afin d’éviter toute instabilité supplémentaire dans un secteur déjà fragile.
En attendant une clarification des autorités compétentes, le bras de fer entre le Conseil d’administration et la Direction générale laisse planer de nombreuses interrogations. Une chose est sûre : la sortie médiatique de Teddy Lwamba marque un tournant dans cette crise et pourrait accélérer une prise de décision au sommet de l’État.
Ben Mandjolo


