L’arène politique congolaise est le théâtre d’un nouvel échange musclé. Ce lundi 11 mai, Augustin Kabuya, pilier de l’UDPS, a choisi de briser le silence pour répondre aux récentes piques lancées par Martin Fayulu. Loin de la simple controverse, cette sortie marque une volonté claire du camp présidentiel de décrédibiliser l’opposant en le présentant comme une figure dont l’influence appartient désormais au passé.
Le déclencheur de cette passe d’armes remonte à la fin de la semaine dernière, lorsque le leader de l’ECiDé, lors d’un point de presse, avait revendiqué un rôle historique de « tuteur » envers l’UDPS, affirmant avoir soutenu le parti dès 2010. Une sortie qui a manifestement déplu au Secrétaire Général du parti au pouvoir, pour qui cette lecture de l’histoire politique est non seulement contestable, mais surtout déconnectée de la réalité actuelle.
Pour Augustin Kabuya, la réplique est sans appel. Il qualifie désormais le président de l’ECiDé d’« ombre de lui-même ». En affirmant qu’il maîtrise parfaitement son adversaire, Kabuya ne se contente pas de rejeter les prétentions de Fayulu, mais il tente de le marginaliser en niant sa capacité à peser sur les décisions majeures du pays. C’est une stratégie de communication offensive visant à verrouiller le narratif en faveur du pouvoir en place.
Cette escalade verbale montre parfaitement la crispation actuelle de la vie politique en RDC, où chaque déclaration devient un terrain de bataille. Entre les débats houleux sur une éventuelle révision constitutionnelle et la lutte pour l’hégémonie institutionnelle, ces échanges révèlent une classe politique plus que jamais fracturée. Alors que Martin Fayulu cherche à réaffirmer sa place dans le débat public, le camp présidentiel, lui, déploie une stratégie de communication agressive pour consolider son assise et minimiser toute voix dissidente.
Joëlle Luniongo


