Le football africain s’apprête à tourner l’une des pages les plus marquantes de son histoire contemporaine. En amont d’un Comité exécutif (Comex) au Caire, Véron Mosengo-Omba a officialisé sa démission. Après plus de trois décennies passées dans les arcanes du pouvoir, le dirigeant congolais quitte une institution qu’il affirme laisser au sommet de sa forme.
C’est un départ qui résonne comme un coup de tonnerre. Alors que l’attention des observateurs était jusque-là focalisée sur les orientations stratégiques de la Confédération africaine de football (CAF), notamment après l’attribution controversée de la CAN au Maroc, deux mois seulement après le sacre du Sénégal sur le terrain, c’est désormais l’administration même de l’instance qui vacille.
Dans une lettre empreinte de solennité, Véron Mosengo-Omba a mis fin à plusieurs semaines de spéculations. Le secrétaire général, véritable cheville ouvrière de l’organisation, a choisi de partir de son propre chef, insistant sur l’intégrité de son parcours.
« Après plus de 30 ans d’une carrière professionnelle internationale au service d’un football idéal, j’ai pris la décision de quitter mes fonctions pour me consacrer à des projets plus personnels », écrit-il.
Le dirigeant congolais n’a pas manqué d’évoquer, en filigrane, les tensions récentes ayant entouré sa gestion, faisant allusion aux pressions et aux enquêtes qui ont agité les couloirs du siège cairote.
« Maintenant que j’ai pu lever les soupçons que certains se sont donnés beaucoup de mal à faire peser sur moi, je peux me retirer sereinement et sans contrainte », a-t-il poursuivi.
À la CAF, ce départ intervient à un moment charnière. Si la gouvernance de l’instance est scrutée de près pour ses choix diplomatiques et sportifs, le secrétaire général sortant préfère mettre en avant la santé économique de l’organisation. Il affirme laisser derrière lui une « CAF prospère comme jamais », un argument de poids à l’heure où l’institution cherche à renforcer son autonomie.
L’annonce de cette démission, survenant à la veille de l’ouverture du Comex au Caire, place le président Patrice Motsepe face à un défi immédiat : assurer la continuité administrative tout en maîtrisant les dynamiques internes.
Dans un contexte où chaque décision est minutieusement analysée par les fédérations nationales et les médias, le choix du successeur de Mosengo-Omba constituera le premier véritable test de cette nouvelle ère.
Josaphat Mayi


