À Kinshasa, la 9e édition de la Semaine française s’est ouverte ce mercredi 22 avril au Pullman Grand Hôtel, dans un contexte économique mondial en pleine recomposition. L’intervention du vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a donné le ton d’un rendez-vous placé sous le signe de la lucidité stratégique et de l’appel à l’action.
Prenant la parole au nom de la Première ministre Judith Suminwa, le VPM a livré une lecture sans détour des mutations en cours, invitant les acteurs économiques à abandonner toute posture attentiste. Dans un environnement marqué par la transformation des chaînes de valeur, il a insisté sur la nécessité pour les entreprises de s’inscrire pleinement dans les dynamiques actuelles.
Daniel Mukoko Samba a d’abord rappelé que les règles du jeu ont changé. Désormais, la compétition économique ne se limite plus aux échanges commerciaux classiques, mais repose sur la capacité d’ancrage local, la construction de relations de confiance, la maîtrise technologique, l’accès aux financements et surtout la clarté de la vision stratégique.
« Nous sommes à un moment de vérité », a-t-il déclaré, soulignant que les entreprises sont désormais face à un choix déterminant entre observer ou s’engager pleinement dans la transformation en cours.

Au-delà du diagnostic, le ministre a mis en avant les signaux positifs envoyés par la République démocratique du Congo ces derniers mois. Il a notamment évoqué les projections du Fonds monétaire international, qui tablent sur une croissance de 5,9 % à l’horizon 2026, accompagnée d’une inflation maîtrisée à 3,3 %. Des indicateurs qui traduisent, selon lui, une stabilité macroéconomique encourageante dans un contexte régional souvent incertain.
Mais c’est surtout l’émission récente d’un eurobond de 1,25 milliard de dollars qui a retenu l’attention. Pour le VPM, cette opération, largement souscrite par les investisseurs internationaux, constitue un signal remarquable sur la crédibilité de la signature congolaise et sur la confiance croissante accordée au potentiel du pays.
Dans cette logique, Daniel Mukoko Samba a insisté sur le fait que cet engouement ne doit pas être perçu comme une finalité, mais comme un levier pour bâtir des partenariats durables et structurants.

Le thème de cette édition, « RDC–France : perspectives partagées », entre pleinement dans cette ambition de construire une relation économique plus équilibrée, fondée sur l’investissement productif et le transfert de compétences.
Revenant sur les échanges commerciaux entre les deux pays, estimés à plus de 200 millions de dollars entre 2021 et 2022, il a reconnu l’existence d’un socle solide, tout en soulignant qu’il reste encore en deçà de son plein potentiel. Pour lui, l’enjeu est désormais de transformer cette base en une coopération plus profonde, capable de répondre aux défis contemporains.

Dans un discours à la fois analytique et mobilisateur, le vice-Premier ministre a également replacé la RDC dans les grandes dynamiques mondiales, marquées par la transition énergétique, la recomposition des chaînes d’approvisionnement et la quête de nouveaux relais de croissance. Autant de facteurs qui renforcent, selon lui, la pertinence stratégique du pays et l’intérêt d’un partenariat renouvelé avec la France.
« La compétition d’aujourd’hui n’est plus seulement commerciale. Elle est une course de présence, d’ancrage, de confiance, de technologie, de financement et de vision », a-t-il martelé, appelant les entreprises à se positionner avec rapidité, mais surtout avec profondeur.
Daniel Mukoko Samba n’a pas seulement dressé un état des lieux mais a placé la RDC comme un pays. qui ne se contente plus d’être un marché ou un réservoir de ressources, mais qui entend devenir un acteur stratégique, capable d’imposer sa vision et de construire des partenariats à la hauteur de ses potentialités.
Dans cette semaine française qui se veut avant tout un espace de rencontres et d’opportunités, son message à comprendre le moment, à saisir l’élan et surtout, choisir d’y prendre part.
Lydia Mangala


