Pour célébrer ses six années d’existence, le Mouvement des Jeunes pour l’Entrepreneuriat Stratégique (MOJES) a réuni, ce jeudi 27 novembre 2025 au Fleuve Congo Hotel, un large panel d’acteurs publics, d’institutions financières, de partenaires techniques et de jeunes entrepreneurs autour du thème : « Jeunesse, levier stratégique de croissance économique de la RDC ».
Cette conférence de haut niveau a également servi de cadre à une levée de fonds en faveur du Fonds Spécial pour la Promotion, l’Entrepreneuriat et l’Emploi des Jeunes (FSPEEJ), dans l’objectif de renforcer l’accès au financement des porteurs de projets congolais.
MOJES : six ans d’engagement pour transformer le potentiel des jeunes en opportunités réelles
Dans son mot de circonstance, Damien Twambi, Coordonnateur de MOJES, a dressé un état des lieux réaliste du paysage entrepreneurial jeune en RDC.
Il a rappelé que 70 % de la population congolaise est constituée de jeunes, un atout considérable encore freiné par les obstacles liés au financement.
Malgré ce contexte, MOJES affiche un bilan remarquable avec notamment:
– 1 150 entrepreneurs accompagnés,
– 7 000 membres actifs,
– 15 projets financés,
– 5 000 femmes formées,
– 30 entreprises créées et accompagnées,
– 15 000 sensibilisations réalisées
Pour lui, l’enjeu majeur demeure la levée du « boulot d’étranglement » du financement.
« Nous allons mobiliser 3 millions USD. C’est le moment d’agir. Tout ce que vous pouvez faire aujourd’hui, faites-le aujourd’hui », a-t-il lancé, appelant les jeunes à cesser d’attendre et à se saisir de leur rôle de catalyseurs de changement.
FSPEEJ : l’instrument stratégique conçu par l’État pour financer la jeunesse
Le Directeur général du FSPEEJ, Joseph Mukendi, a salué le parcours dynamique de MOJES et rappelé que le FSPEEJ constitue un instrument voulu par le Chef de l’État, Felix-Antoine Tshisekedi, entièrement dédié au financement structuré et sécurisé des initiatives jeunes.
Il a souligné l’importance d’un travail en synergie avec l’ensemble des institutions de soutien tels que :
– L’Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances en RDC (ARCA), pour la sécurisation assurantielle ;
– Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), pour les financements industriels et l’accompagnement ;
– Le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC), pour la garantie,
• Fonds Spécial pour la Promotion, l’Entrepreneuriat et l’Emploi des Jeunes (FSPEEJ), pour les financements adaptés aux jeunes.

« La grandeur n’attend point le nombre d’années », a-t-il affirmé, invitant les jeunes à cultiver performance, discipline et innovation.
FPI et FOGEC : des solutions innovantes pour booster l’économie des jeunes
Le Directeur général du FPI, Hervé Claude Ntumba, a mis en avant la nécessité d’un financement adapté à la nouvelle génération entrepreneuriale.
Pour lui, l’industrialisation représente un levier majeur de création d’emplois et de l’essor de l’économie nationale.
Le FPI propose des solutions modernes, dont le Projet Vijana, lancé avec le FOGEC, pour financer les jeunes de 18 à 35 ans, des mécanismes d’accompagnement et de structuration des PME et un appui financier ciblé pour renforcer la compétitivité des jeunes entreprises.
Le DG du FOGEC, Laurent Munzemba, a réaffirmé l’engagement de son institution :
« Les structures sont en place. Les étoiles sont alignées pour vous. Mais vous les jeunes, vous avez aussi une part de responsabilité », a-t-il insisté.
ARCA : une sécurité économique indispensable pour les jeunes entrepreneurs
L’intervention du Directeur général de l’ARCA, Alain Kaninda, a apporté un éclairage important sur le rôle de la régulation des assurances dans l’écosystème entrepreneurial jeune.
Depuis six ans, l’ARCA a totalement restructuré un marché auparavant monopolisé et peu régulé.
Aujourd’hui 10 sociétés d’assurance agréées opèrent légalement en RDC, les courtiers et intermédiaires s’organisent dans les provinces et le Code des assurances est appliqué pour assainir le marché.
Le DG Alain Kaninda a rappelé qu’une entreprise non assurée accède difficilement au financement, que les jeunes entrepreneurs doivent protéger leurs équipements et leur activité et que l’ARCA encourage la création de produits d’assurance adaptés aux PME, dont la micro-assurance.
Il a souligné que l’assurance renforce la crédibilité d’un projet, rassure les bailleurs et protège contre les risques liés à l’exploitation.
« Nous travaillons pour protéger les assurés, mais aussi pour créer un environnement où chaque jeune entreprise évolue avec confiance », a conclu Alain Kaninda.
Grâce Kutino appelle les jeunes à rejoindre le Village des Opportunités
Présente à la conférence, la Ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grâce Kutino, a salué les avancées portées par MOJES et encouragé les jeunes à prendre part au Village des Opportunités, prévu du 3 au 5 décembre au stade Tata Raphaël.
Cet espace servira de plateforme de formation, de réseautage et de mise en relation avec institutions, investisseurs et incubateurs.
Émergence de solutions innovantes : focus sur E-Blood Bank
La rencontre a permis de mettre en lumière des projets d’innovation portés par les jeunes, dont E-Blood Bank, une application développée par Mike N’Lemvo, biologiste médical.
Cette solution numérique connecte hôpitaux, donneurs et banques de sang, facilite la disponibilité du sang en temps réel et améliore la réactivité du système de santé.
Un exemple concret de l’impact de la technologie portée par la jeunesse.
Un écosystème aligné : la jeunesse au centre de la stratégie économique nationale
La conférence du MOJES a démontré un fait majeur selon lequel la jeunesse congolaise se trouve au cœur des priorités nationales, et les instruments de financement, d’assurance et d’accompagnement sont désormais en place.
L’union stratégique entre MOJES, le FSPEEJ, le FPI, le FOGEC et l’ARCA ouvre une nouvelle ère où les jeunes sont accompagnés, mieux financés, mieux protégés et mieux intégrés dans la dynamique de croissance nationale.
Lydia Mangala


