Le Journée internationale des droits des femmes n’est pas une simple date inscrite dans le calendrier. Elle incarne le symbole d’une résistance séculaire et rend hommage aux pionnières qui ont bravé l’oppression pour réclamer la dignité, la justice sociale et l’égalité. Chaque année, cette journée rappelle le chemin parcouru par les femmes à travers le monde, tout en soulignant les défis qui restent encore à relever.
Les racines de cette mobilisation remontent au cœur de la Révolution industrielle, une période marquée par des conditions de travail extrêmement dures dans les usines. Dans ce contexte, de nombreuses ouvrières du textile ont décidé de briser le silence pour dénoncer les longues heures de travail, les salaires dérisoires et l’absence de droits fondamentaux. Leur courage a constitué l’une des premières étincelles d’un mouvement féministe étroitement lié aux luttes sociales et syndicales.
Au début du XXᵉ siècle, la contestation prend progressivement de l’ampleur. En 1908, près de 15 000 femmes défilent dans les rues de New York pour réclamer de meilleures conditions de travail, le droit de vote et une vie plus digne. Leur slogan, réclamant « le pain et les roses », symbolise à la fois la lutte pour la survie économique et l’aspiration à une meilleure qualité de vie.
Deux ans plus tard, en 1910, lors d’une conférence socialiste internationale organisée à Copenhague, la militante allemande Clara Zetkin propose l’idée d’une journée internationale consacrée aux droits des femmes. Cette initiative marque une étape importante dans l’internationalisation de la lutte pour l’égalité.
L’histoire connaît un nouveau tournant en 1917 lorsque, à Saint-Pétersbourg, des femmes russes descendent dans la rue pour réclamer « le pain et la paix ». Cette grève massive contribue à accélérer la chute du régime tsariste et ouvre la voie à l’obtention du droit de vote pour les femmes en Russie.
Cependant, il faudra attendre 1975 pour que cette mobilisation obtienne une reconnaissance officielle à l’échelle mondiale. Cette année-là, l’Organisation des Nations unies proclame l’Année internationale de la femme et consacre officiellement la Journée internationale des droits des femmes. Dès lors, cette date devient un moment clé pour évaluer les progrès réalisés en matière d’égalité et pour encourager les États à renforcer leurs politiques en faveur des droits des femmes.
Aujourd’hui, le 8 mars prend des significations différentes selon les contextes nationaux. En République démocratique du Congo, cette journée constitue un moment important pour rappeler le rôle essentiel des femmes dans la consolidation de la paix, la reconstruction sociale et le développement économique. Au-delà des célébrations symboliques, elle demeure un espace de réflexion et de plaidoyer pour l’accès à l’éducation, la lutte contre les violences basées sur le genre et une meilleure représentation des femmes dans les sphères de décision.
Ainsi, le 8 mars reste bien plus qu’une commémoration. Il représente la mémoire d’un combat historique et l’espoir d’un avenir où l’égalité entre les femmes et les hommes ne sera plus une revendication, mais une réalité partagée.
Joëlle Luniongo


