Aux magistrats restés dans les zones toujours conquises par le M23/AFC, le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) a lancé un avertissement solennel ce mercredi 18 mars 2025.
Lors d’un entretien exclusif avec les magistrats venus des territoires sous occupation rebelle, le secrétaire permanent et porte-parole du CSM, Télésphore Nduba Kilima, a affirmé avec force :
« Nul ne peut servir deux maîtres à la fois. »
Ce message vise à rappeler aux acteurs du pouvoir judiciaire l’importance de rester loyaux à l’État congolais malgré la pression et les influences extérieures.
Une réorganisation en cours
Le CSM a révélé que, dans le cadre d’une stratégie de sécurisation et de rationalisation de la justice, seuls 156 magistrats ayant quitté les zones occupées se sont déjà installés à Kinshasa. En outre, 55 magistrats se trouvent actuellement à Bujumbura, au Burundi, et environ 300 autres exercent dans divers pays.
Toutefois, un nombre non négligeable de magistrats reste encore affecté dans leurs lieux d’origine, échappant ainsi au regroupement national.
Les enjeux de la dualité de loyauté
Le message du CSM s’inscrit dans un contexte de crise sécuritaire où les magistrats sont confrontés à des dilemmes moraux et professionnels. Servir deux maîtres, l’État et les autorités rebelles, compromet non seulement l’intégrité de la justice, mais met également en péril la crédibilité et l’efficacité du système judiciaire.
Le Conseil insiste sur le fait que l’unité et l’indépendance du pouvoir judiciaire sont des piliers essentiels pour la reconstruction et la stabilité du pays.
Un appel à la responsabilité et à l’engagement
Face à ces défis, le CSM appelle à une mobilisation sans faille et à une vigilance accrue. Il exhorte les magistrats à privilégier leur engagement envers l’État congolais, tout en collaborant avec les autorités compétentes pour assurer la continuité du service public dans des conditions sécurisées.
Cette réorganisation, qui inclut le rapatriement des magistrats restés dans les zones occupées, est perçue comme une étape indispensable pour renforcer l’État de droit en RDC.
Dans une période où la souveraineté et l’unité nationale sont mises à rude épreuve, l’avertissement du CSM rappelle que la justice ne doit pas être compromise par des affiliations concurrentes.
Les magistrats appelés à exercer leur devoir dans des conditions difficiles se voient encouragés à faire preuve de discernement et de loyauté, afin de préserver l’intégrité de leur fonction et de contribuer à la stabilité de la République démocratique du Congo.
Le Conseil Supérieur de la Magistrature se tient prêt à accompagner ces acteurs dans ce processus de recentrage, convaincu que seule une justice unifiée pourra répondre efficacement aux défis posés par l’insécurité et les conflits dans le pays.
Lydia Mangala


