La 9ᵉ Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD9) a pris fin ce vendredi 22 août 2025, après trois jours de travaux intenses réunissant plusieurs Chefs d’État et de Gouvernement africains, le Premier ministre japonais, Ishiba Shigeru, ainsi que de hauts responsables des Nations Unies, du PNUD, de la Banque mondiale et de l’Union africaine.
Un sommet marqué par une forte mobilisation internationale

La séance de clôture a été co-présidée par le Premier ministre du Japon et le président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine.
Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, a rappelé avec émotion avoir participé à la première édition de la TICAD en 1993, soulignant la constance de ce partenariat stratégique entre l’Afrique et le Japon.
La présence du Secrétaire général des Nations Unies et des responsables d’institutions financières internationales a renforcé la dimension globale de cette rencontre, confirmant l’importance de la TICAD comme cadre unique de dialogue multilatéral.
La Déclaration de Yokohama : un engagement collectif
Les travaux de la TICAD9 ont été sanctionnés par la Déclaration de Yokohama, un document de 22 pages qui sera publié dans les prochains jours.
Placée sous le thème « Co-créer des solutions innovantes en Afrique », cette édition a mis l’accent sur des approches concrètes et adaptées aux réalités locales, avec une exploration pays par pays des priorités de développement.
La Déclaration met en avant des axes tels que l’innovation technologique, la transition énergétique, la résilience climatique, le renforcement des capacités humaines et la coopération économique équitable.
Un rendez-vous tourné vers l’avenir
Depuis sa création en 1993, la TICAD s’est tenue neuf fois, dont seulement deux en Afrique : en 2016 au Kenya (TICAD6) et en 2022 en Tunisie (TICAD8).
Les organisateurs ont annoncé que la 10ᵉ édition se tiendra à nouveau sur le continent africain en 2028, dans un pays qui reste à déterminer.
Ce choix illustre la volonté d’ancrer davantage ce partenariat sur le sol africain, en reconnaissant l’importance de l’appropriation locale des stratégies de développement.
La RDC et l’importance du soft power dans la diplomatie moderne
Pour la République démocratique du Congo, la participation active à de telles instances représente bien plus qu’un enjeu de visibilité.
C’est un instrument de soft power, permettant de mettre en lumière les défis internes, de valoriser le potentiel économique et humain du pays, et de consolider son influence diplomatique.
Dans un contexte international marqué par la compétition des puissances et l’importance des alliances stratégiques, la RDC, sous le leadership du président Félix-Antoine Tshisekedi, mise sur l’intégration dans les organisations internationales pour renforcer sa sécurité, attirer les investissements et défendre ses intérêts.
Comme le souligne l’analyse politique, « l’investissement dans le soft power est un pari calculé et stratégique sur l’avenir » : il permet de bâtir des partenariats durables, au-delà des logiques de gain immédiat, et de renforcer la place du pays dans le concert des nations.
Vers une coopération renforcée Afrique–Japon
La TICAD9 a confirmé la pertinence du partenariat nippo-africain comme moteur de solutions innovantes pour le développement durable.
Le rendez-vous de 2028 en Afrique constituera une nouvelle étape pour consolider ce cadre unique de coopération, au service d’un avenir partagé et d’un commerce international plus équitable.
Lydia Mangala


