Le débat sur les libertés individuelles s’est invité au plus haut sommet de l’État. Réuni en Conseil des ministres le mercredi 15 avril, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a fermement dénoncé les arrestations jugées arbitraires visant certains jeunes en raison de leur apparence physique, notamment le port de cheveux crépus ou de dreadlocks.
Le Chef de l’État a rappelé que ces pratiques ne constituent en aucun cas une infraction à la loi. Il a ainsi mis en garde contre toute dérive sécuritaire portant atteinte aux libertés fondamentales, insistant sur le respect des droits individuels garantis par la Constitution.
« Il ne s’agit pas d’une violation de la loi », a-t-il martelé, dénonçant des « pratiques attentatoires » qui ne sauraient être tolérées dans un État de droit.
Cette sortie présidentielle intervient dans un contexte marqué par plusieurs dénonciations d’interpellations de jeunes, parfois ciblés pour leur style vestimentaire ou capillaire, assimilé à tort à des comportements déviants. Une situation qui avait suscité l’indignation d’une partie de l’opinion publique, notamment sur les réseaux sociaux.
Face à cela, le Président a donné des instructions claires aux services de sécurité, en particulier à la police, les appelant à faire preuve de « pédagogie, de discernement et de responsabilité » dans l’exercice de leurs missions. Il s’agit, selon lui, de concilier impératifs sécuritaires et respect des droits des citoyens.
Toutefois, tout en recadrant les forces de l’ordre, le Chef de l’État n’a pas manqué d’interpeller la jeunesse. Il l’a invitée à rester attachée aux valeurs éthiques et à adopter des comportements responsables, dans un esprit de civisme et de respect des normes sociales.
Cette prise de position n’est pas une surprise. Elle fait suite aux propos déjà tenus par le Président lors de l’accueil des Léopards au Palais du peuple, où il avait laissé entrevoir sa volonté de mettre un terme à ces pratiques controversées.
Le Président Tshisekedi lance un appel sur un encadrement plus strict des interventions des forces de l’ordre, mais aussi d’un engagement à préserver les libertés individuelles dans un contexte sécuritaire souvent tendu, à une seule condition, que ces instructions se concrétisent sur le terrain.
Lydia Mangala


