Kinshasa, le 27 novembre 2025. À travers une déclaration ferme, le député national Patrick Eshiba a exprimé sa vive préoccupation face au climat d’insécurité et à la gouvernance défaillante qui fragilisent chaque jour davantage la capitale de la République démocratique du Congo.
L’élu de la nation pose un constat sans fard : Kinshasa est entrée dans une crise structurelle où l’État provincial peine à protéger ses citoyens et à anticiper les urgences urbaines. Sur les collines du Plateau, des groupes dits “mobondo” — localement associés aux “mobondo” — continuent de semer la peur et de multiplier les victimes, alimentant un sentiment d’angoisse dans plusieurs quartiers.
“Aujourd’hui plus qu’hier, l’insécurité s’aggrave et la gouvernance provinciale se montre incapable d’assurer sa mission première : protéger la population.”
Une ville asphyxiée par la peur et le chaos
Au-delà des violences dans la périphérie du Plateau, l’insécurité a pris d’autres visages dans l’ensemble de la ville :
• Les kuluna, bandes urbaines violentes, imposent leur loi dans plusieurs communes ;
• Les braquages se multiplient sur les grandes artères et aux abords des habitations ;
• Les familles vivent dans l’incertitude permanente du lendemain, prises dans un étau où violence, abandon institutionnel et vulnérabilité climatique s’entrechoquent.
Parallèlement, les inondations, presque ritualisées au fil des saisons, continuent de dévaster les quartiers après chaque pluie. Malgré les alertes et les dégâts observés lors de la saison dernière, aucune réponse durable n’a été mise en œuvre. À chaque averse, les mêmes scènes se répètent : foyers submergés, biens emportés, familles ruinées, comme si la capitale se noyait aussi dans l’oubli politique.
“Les inondations ne sont pas une fatalité. Leur répétition sans réponse est le symbole d’un manque de leadership et d’anticipation.”
L’impératif du sursaut politique
Face à cette situation, Patrick Eshiba refuse l’inaction et appelle à un réveil de la classe politique, en particulier celle qui dirige ou représente la province de Kinshasa.
Selon lui, le leadership provincial doit être reconsidéré. Le changement de gouvernance n’est plus un sujet de confort politique, mais une nécessité de survie urbaine.
“Quand une équipe échoue sur les fondamentaux, choisir d’attendre le pire serait une faute grave. Kinshasa mérite mieux.”
Le député invite également les députés provinciaux à assumer pleinement leur mandat, rappelant qu’ils ne sont pas spectateurs de la crise mais des représentants du peuple, investis pour agir en son nom.
“Les élus doivent désormais se placer du bon côté de l’histoire : celui du courage politique et des décisions utiles à la population.”
Redonner confiance à une ville qui doute
Le message de Patrick Eshiba est clair : Kinshasa a besoin d’une gouvernance qui protège, planifie et restaure la confiance citoyenne. Une gouvernance capable d’anticiper les crises sécuritaires et climatiques avant qu’elles ne deviennent des drames humains.
La capitale, rappelle-t-il, n’est ni ingouvernable ni condamnée au chaos. Elle est simplement victime d’un déficit de vision et de leadership.
Joséphine Mawete


