À chaque grande victoire des Léopards de la République démocratique du Congo, un même cri revient dans les gradins, dans les quartiers et sur les réseaux sociaux : « Fimbu chicotte ».
Le chant fait sourire, il fait du bruit, il met l’ambiance. Mais beaucoup se demandent ce que ces mots veulent réellement dire et d’où ils viennent.
À l’origine, « Fimbu chicotte » vient d’une chanson de l’artiste Félix Wazekwa, une figure bien connue de la musique congolaise. Comme souvent dans ses œuvres, il utilise le lingala populaire, celui de la rue, avec des mots forts, parfois choquants, mais toujours imagés.
Dans le langage courant, « fimbu », en français « chicotte », évoque le coup ou la correction, le fouet.

Dans le football et dans la fête, « Fimbu chicotte » est devenu une façon exagérée et humoristique de dire que la victoire est claire, nette, sans discussion. Ce n’est pas un appel à faire du mal, encore moins un rappel de la souffrance du passé. C’est simplement une image pour exprimer une domination sportive, un match bien maîtrisé, une joie qu’on n’arrive pas à contenir autrement.
Ce chant fonctionne surtout parce qu’il parle à tout le monde. Il fait partie de ce langage populaire congolais qui transforme les mots, leur donne un autre sens et les charge d’émotion. Dans les stades, personne ne pense à la chicotte de l’époque coloniale. Les gens pensent à la fierté, à la victoire, au drapeau qui flotte et à ce moment rare où tout le pays vibre ensemble.
Quand les supporters chantent « Fimbu chicotte », ils ne se moquent pas de l’adversaire par méchanceté. Ils célèbrent leur équipe, ils se libèrent, ils oublient un instant les difficultés du quotidien. Le football devient alors un espace de joie pure, un endroit où les Congolais se retrouvent sans distinction, juste pour partager un bonheur commun.
Avec le temps, ce chant est devenu un symbole. Il fait désormais partie de l’ambiance autour de l’équipe nationale. Il montre à quel point la musique, le sport et la rue sont liés dans la culture congolaise. Un mot peut naître dans une chanson, passer par les quartiers, entrer dans les stades et terminer comme un cri national de victoire.

« Fimbu chicotte » ne parle ni de coups ni de violence. Il parle d’une victoire célébrée à la congolaise, avec humour, énergie et passion. C’est une façon simple et directe de dire que, ce jour-là, le Congo a gagné et que tout le monde est content de le crier ensemble.
Lydia Mangala


