À Kinshasa, la jeunesse congolaise a été mise à l’honneur à l’occasion de la deuxième édition du Spécial Training, une session de renforcement des capacités digne d’une masterclass. Organisé le samedi 21 mars dans la salle Copilotes de l’hôtel Rotana, l’événement a favorisé des échanges enrichissants entre jeunes participants et élites de la République démocratique du Congo.
Cette initiative, portée avec brio par la structure Congo Élite, s’est articulée autour du thème : « Patriotisme, auto-préparation, anti-précarité, e-réputation nationale et tyrannie de la visibilité ».
Le Collectif Congo Élite se présente comme un regroupement dynamique de jeunes engagés dans la formation, l’encadrement et l’accompagnement de la jeunesse congolaise, avec l’ambition de préparer une génération capable de relever les défis du pays et de devenir actrice du changement.
Une ouverture marquée par un appel au patriotisme
Dans une ambiance conviviale, la cérémonie a été conduite par madame Rebecca Mugoli, modératrice de l’événement. Elle a d’abord remercié les participants pour leur présence, avant d’inviter le pasteur Davin à prononcer une prière d’ouverture afin de confier la rencontre au Très-Haut.
Un discours patriotique a ensuite été adressé à la jeunesse congolaise, suivi du mot d’ouverture de monsieur Grady Bonyoma, coordinateur de Congo Élite.
Premier panel : l’auto-préparation comme clé du leadership
Animé par François Kakese et Jean-Paul Mabaya, le premier panel portait sur :
« La préparation comme discipline inclusive du leadership et de la performance ».

François Kakese, coordonnateur de projets en charge de la qualité de la performance au cabinet de la Présidence, a insisté sur la nécessité d’aligner ambition et réalité :
« Ce n’est pas ce dont nous rêvons qui va se réaliser ; il faut prendre en compte la réalité. »
Il a présenté les quatre piliers fondamentaux de l’auto-préparation :
• La recherche active
• La discipline personnelle
• La constance dans l’effort
• La rigueur

Selon lui, l’auto-préparation est indispensable pour toute personne aspirant à de grandes ambitions :
« Il y a toujours un écart entre ce que l’on ambitionne et ce que l’on doit faire lorsque l’opportunité se présente. »
Il a également évoqué des notions essentielles telles que l’apprentissage continu, la maîtrise des nouvelles technologies et la gestion de la visibilité.
L’élite comme moteur du développement

Prenant la parole à son tour, Jean-Paul Mabaya, expert en réforme institutionnelle, a développé le thème :
« Construire le Congo par les actifs locaux : les citoyens comme premiers acteurs du développement ».
S’appuyant sur une référence biblique (Matthieu 5:15) « On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau », il a exhorté les jeunes à valoriser les modèles inspirants et à apprendre continuellement.

Citant le philosophe Plotin « Chaque être devient ce qu’il contemple ». il a encouragé la jeunesse à cultiver l’excellence et à dépasser la simple quête des diplômes.
« On ne brille pas pour soi-même », a-t-il rappelé, soulignant l’importance de laisser un héritage aux générations futures.

Définissant l’élite comme une personne appelée à conduire sa société vers le progrès, il a insisté sur les responsabilités qui en découlent, notamment l’engagement collectif, la préparation morale et la promotion de la cohésion sociale.

Deuxième panel : entrepreneuriat et patriotisme en action
Le second panel, animé par Joël Kabuya et Rigaud Gomba, a abordé des thématiques liées à l’entrepreneuriat et au patriotisme.
Joël Kabuya, directeur général adjoint d’Ecobank, a dénoncé certaines croyances limitantes, notamment :
• l’idée que la réussite passe uniquement par la politique ;
• ou encore celle selon laquelle le meilleur héritage serait uniquement matériel.

Il a plutôt mis en avant l’importance des valeurs et de l’éducation :
« Chacun de nous a une responsabilité à remplir. »
Il a encouragé les jeunes à se lancer dans l’entrepreneuriat, à se former et à ne pas craindre l’échec, qu’il considère comme un levier d’apprentissage.
Le patriotisme comme mode de vie

De son côté, Rigaud Gomba, expert en communication, a invité l’auditoire à une réflexion profonde sur le patriotisme :
« On ne peut pas demander à quelqu’un d’être patriote s’il ne sait pas ce qui l’y engage. »
Selon lui, être patriote dépasse les discours et se traduit par des actions concrètes fondées sur trois piliers :
• la responsabilité
• l’intégrité
• l’engagement

Il a rappelé que le changement d’un pays repose sur les comportements quotidiens de ses citoyens et a identifié plusieurs actions concrètes du patriotisme, notamment le respect des devoirs civiques, la valorisation des symboles nationaux et la solidarité.

Des engagements concrets pour la jeunesse
À la fin de chaque panel, des sessions de questions-réponses ont permis aux participants d’approfondir les thématiques abordées.
Un appel à l’action a été lancé par Rebecca Mugoli, invitant les jeunes à s’engager concrètement pour le développement du pays.
Dans cette dynamique, Congo Élite a offert à 50 jeunes participants l’opportunité de bénéficier de trois mois de formations gratuites dans plusieurs domaines, notamment :
• l’anglais
• la programmation et le codage
• des stages professionnels en cabinet d’avocats
Ces formations répondent aux besoins actuels du marché de l’emploi, tant au niveau national qu’international.
Par ailleurs, des collaborations ont été annoncées avec les structures Mayele Plus et WE ACT, cette dernière étant en partenariat avec Rawbank. Présent à l’événement, Henock Diba, ambassadeur de WE ACT, a présenté les opportunités offertes aux jeunes.
Un “mur de l’engagement” pour sceller les promesses
En clôture, Grady Bonyoma a remercié les intervenants avant de céder la parole à Rigaud Gomba, qui a présenté le concept du « Mur de l’engagement ».
Chaque participant a été invité à y inscrire un engagement personnel en faveur du progrès de la RDC.

« Cet engagement, une fois signé, gardez-le comme un rappel », a-t-il conseillé.
Une initiative saluée par les participants

La vision portée par Congo Élite a trouvé un écho favorable auprès des participants, qui n’ont pas manqué de saluer cette initiative et l’opportunité offerte à la jeunesse congolaise de se former, de s’inspirer et de s’engager activement pour l’avenir du pays.
Ben Mandjolo


