La 3ᵉ édition de Parole à la femme, organisée par l’ONG Leadership de la Femme des Médias (LFM), a réuni, ce lundi 30 mars dans la salle La Perle de Sainte Anne, des femmes aux parcours inspirants autour du thème : « Révéler la femme d’exception ».
Dès l’ouverture, la coordonnatrice de LFM, Grâce Shako, a donné le ton en rappelant la vision de cette initiative devenue, au fil des années, bien plus qu’un simple espace d’échange.

« L’objectif n’est plus seulement de parler, mais surtout de mettre en lumière des modèles de réussite », a-t-elle expliqué, soulignant le manque de repères auquel font face de nombreuses jeunes femmes.

Prenant la parole en tant que partenaire, Marie-Joséphine Ntshaykolo, manager du programme Maison des droits de l’homme au Centre Carter, a salué la pertinence de cette initiative, qu’elle considère comme un levier essentiel pour renforcer le leadership féminin. Elle a mis en avant le programme « Voix et Leadership des femmes », qui vise à accompagner les femmes dans la prise de parole, la défense de leurs droits et leur participation active dans la société.
Dans son intervention, elle a insisté sur la nécessité de créer des espaces sûrs où les femmes peuvent s’exprimer librement, partager leurs expériences et développer leur confiance. Elle a également souligné que l’autonomisation des femmes passe autant par la reconnaissance de leurs droits que par leur capacité à les revendiquer et à les exercer pleinement.
Plusieurs intervenantes issues de domaines variés ont partagé leurs expériences, marquées par des défis, des choix courageux et une détermination constante.

La professeure Madeleine Mbongo a livré un témoignage sincère sur son parcours atypique. Elle a raconté comment, initialement attirée par les médias, elle a finalement embrassé une carrière académique avec excellence.
« Il faut oser. Il faut dire non quand il faut dire non », a-t-elle affirmé, insistant sur la nécessité pour les femmes de s’imposer dans des milieux encore largement dominés par les hommes.

Devenue professeure à 35 ans, elle cumule aujourd’hui 25 années d’enseignement et milite pour une plus grande présence féminine dans l’enseignement supérieur.

Dans le domaine entrepreneurial, Miriam Balanga, Directrice générale de MB Télévision, a partagé un parcours fait de résilience et de persévérance.
« Si tu as une vision, même si quelqu’un te décourage, ne te décourage pas », a-t-elle lancé à l’audience.

Revenant sur les obstacles rencontrés en tant que femme, elle a souligné que ce n’est pas facile d’être femme dans une société patriarcale.
« Ce qui fait que je tombe et que je me relève, c’est ma mentalité », a-t-elle ajouté.

De son côté, la colonelle Nenette Mukembe a impressionné par son parcours au sein des Forces armées. Première femme commandant de bataillon, elle a rappelé l’importance de la formation et de la discipline.
« Vous avez devant vous non pas une femme, mais votre commandant », a-t-elle déclaré en évoquant ses débuts face à 2 000 hommes, encourageant les femmes à investir tous les secteurs, y compris les plus exigeants.

La vice-présidente de l’ARPTC, Lydie Omanga, a quant à elle insisté sur l’importance de l’identité et des valeurs personnelles.
« Restez alignées sur qui vous êtes », a-t-elle conseillé, mettant en garde contre les pressions sociales.

« La dignité n’a pas de prix », a-t-elle ajouté, appelant les femmes à construire leur parcours sur la base de la compétence, de la foi et de la vision.

Au nom du ministère du Genre, la représentante Maman Rose a rappelé que les droits des femmes doivent se traduire en actions concrètes.
« Ces femmes ne sont pas des exceptions lointaines, elles sont des preuves vivantes parmi nous », a-t-elle déclaré, invitant les jeunes filles à croire en leurs capacités et à s’inspirer des modèles locaux.

L’événement a également mis en lumière des profils émergents, à l’image de Marie Jeanne Okota, conductrice Yango, qui rêve de créer une entreprise de transport dirigée par des femmes.
« Je veux chercher l’argent à la sueur de mon front », a-t-elle confié, incarnant cette nouvelle génération de femmes ambitieuses.

Entre témoignages, slam engagé et échanges inspirants, cette troisième édition de « Parole à la femme » a su créer un véritable espace de transmission et de motivation.
« Nous voulons que chaque femme se dise : moi aussi, je peux », a résumé Grâce Shako à l’issue de la conférence.

Au-delà des discours, le message central est que les femmes congolaises ont du potentiel, des talents et des ambitions. Il ne leur reste qu’à oser, persévérer et transformer leurs rêves en actions concrètes.
Lydia Mangala


