À l’occasion de l’Invest in African Energy Forum 2026, la République démocratique du Congo a fait entendre une voix engagée sur les enjeux de la transition énergétique et de l’accès à l’électricité. Dans un contexte mondial marqué par la recherche de sécurité énergétique et de souveraineté des États, la Directrice générale de l’Autorité de Régulation de l’Electricité (ARE), Soraya Aziz Moto, a alerté sur l’urgence de transformer le potentiel énergétique de la RDC en résultats concrets au bénéfice de la population.
« Accélérer l’accès à l’électricité pour 80 millions de Congolais exige des actions concrètes », a-t-elle déclaré, rappelant que les ambitions ne peuvent se limiter aux discours, mais doivent désormais se traduire en projets exécutés et visibles sur le terrain.
Elle a expliqué avoir reçu mandat de porter le message avec pour seule ligne directrice l’action. Elle a présenté plusieurs avancées structurantes portées par l’ARE, traduisant une volonté de transformation du secteur énergétique congolais.
Parmi ces mesures, elle a notamment évoqué l’émission de titres uniques pour les mini-réseaux, désormais délivrés en 30 jours, une réforme visant à accélérer l’investissement privé dans les zones non desservies. Elle a également mis en avant la relance du Programme SMG à l’horizon 2029, qui concerne Kananga, Mbujimayi et Kabinda, avec une capacité estimée à environ 84 MW.
Dans la même logique d’expansion de l’accès à l’électricité, elle a souligné le soutien apporté aux projets Moyi Power, prévus pour 2028, couvrant notamment Bumba, Gemena et Isiro, avec une capacité projetée d’environ 250 MW à terme. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer la production et la distribution d’énergie dans plusieurs provinces du pays.
La DG Soraya Aziz a également rappelé un principe désormais inscrit dans le cadre légal congolais selon lequel l’affectation de 10 % de l’électricité industrielle aux communautés locales, une disposition destinée à garantir un impact social direct des investissements énergétiques.
Dans le cadre de la coordination sectorielle, elle a enfin évoqué l’intégration du CDMU, un mécanisme chargé de structurer la mise en œuvre du Compact énergétique #M300, destiné à améliorer la gouvernance et la cohérence des interventions dans le secteur.
Son intervention a également pris une dimension plus stratégique lors d’un panel consacré aux hydrocarbures, dans un contexte international où les questions de sécurité énergétique dominent les débats. Elle y a reconnu évoluer dans un univers différent de son champ d’expertise habituel, tout en soulignant la richesse de ces échanges.

Elle a insisté sur une vision globale de l’énergie, affirmant qu’aucune source ne devait être opposée à une autre dans un monde en recomposition.
Pour la DG de l’ARE, les États doivent aujourd’hui valoriser toutes leurs ressources énergétiques de manière complémentaire, sans les opposer, mais en adoptant une approche à la fois stratégique, pragmatique et souveraine.
Pour la RDC, cette approche implique de valoriser pleinement son potentiel hydroélectrique, solaire et énergétique au sens large, en le transformant en projets concrets au service du développement national.
Soraya Aziz a présenté une RDC qui cherche à passer de l’ambition à la réalisation, en attirant des investissements structurants et en accélérant l’accès à l’électricité pour des millions de citoyens encore non connectés au réseau.
Lydia Mangala


