Au lendemain de l’avant-première du film Muganga, celui qui soigne, projeté le 5 octobre au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale, la productrice Cynthia Pinet a été reçue ce lundi par le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. Une rencontre stratégique consacrée à l’avenir de cette œuvre cinématographique puissante qui retrace le combat du docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix, et met en lumière la résilience des femmes victimes de violences sexuelles dans l’Est de la RDC.
Vers une diffusion à large échelle
À l’issue de l’entretien, Cynthia Pinet s’est dite « honorée » par cette audience et a souligné que les échanges avaient porté sur les stratégies de diffusion du film aussi bien en République démocratique du Congo qu’à l’international.
« Nous avons discuté de la manière de faire rayonner Muganga à travers le pays et dans le monde. L’objectif est d’offrir à ce film, qui raconte le combat du docteur Mukwege et celui des femmes congolaises, une portée nationale et mondiale », a-t-elle déclaré.
Concernant la diffusion sur la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC) et dans les provinces, la productrice a précisé que le processus suivra la chronologie classique des médias :
« Le film sera d’abord projeté en salle et participera à plusieurs festivals internationaux. Ce n’est qu’ensuite qu’il sera diffusé sur la chaîne nationale, probablement dans deux ans. »
Un outil de paix et de sensibilisation
Réalisé par Marie-Hélène Roux, Muganga, celui qui soigne est bien plus qu’un film : c’est un outil d’éducation, de sensibilisation et de plaidoyer. Il raconte avec pudeur et intensité la souffrance, mais aussi la force, des survivantes congolaises dont le corps est utilisé comme champ de bataille dans un conflit qui dure depuis plus de deux décennies.
« Ce film est un outil de paix. Il doit éveiller les consciences, notamment de ceux qui ignorent encore ce qui se passe dans l’Est de notre pays », a souligné Cynthia Pinet, émue par l’accueil réservé à l’œuvre lors des projections en France et à Kinshasa.
« Un film déstabilisant mais nécessaire »
De son côté, le ministre Patrick Muyaya a salué une œuvre « déstabilisante », qui met en lumière une réalité tragique trop souvent passée sous silence. Il a appelé les Congolais, ainsi que la communauté internationale, à s’approprier ce film et à en faire l’écho le plus large possible afin de mettre fin à ce qu’il a qualifié de « génocide silencieux » dans l’Est de la RDC.
Le ministre a rappelé que ce film s’inscrit dans la continuité des campagnes de mobilisation citoyenne, telles que « Congolais Téléma », qui encouragent la population à se lever contre la guerre, à plaider pour la reconnaissance du Génocost et à lutter contre l’impunité dans la région des Grands Lacs.
Un nouveau chapitre dans le combat pour la justice
L’avant-première de Muganga à Kinshasa marque une étape majeure dans son parcours international. Déjà salué pour la force de son message et la dignité avec laquelle il aborde les violences faites aux femmes, le film s’impose comme un outil d’action collective au service de la vérité, de la mémoire et de la justice.
Joséphine Mawete


