Kinshasa, 27 janvier 2026
À l’occasion de la Journée nationale de mémoire dédiée à la Résistance, à la Résilience et à l’Unité du peuple congolais face à l’agression rwandaise et aux exactions perpétrées par le M23/AFC, le député national Éric Tshikuma a livré une dénonciation ferme et documentée de ce qu’il qualifie d’« économie de prédation » instaurée dans les zones sous occupation.
Selon l’élu, les territoires affectés subissent un système de monopole économique organisé, qui étouffe les opérateurs locaux et détruit progressivement le tissu productif.

« Pour les petites et moyennes entreprises dans les zones occupées, c’est une véritable asphyxie. Le monopole mis en place par les prédateurs vise à faire disparaître les PME qui fonctionnaient encore », a-t-il déclaré.
Il a évoqué l’existence d’importateurs uniques, proches des chefs rebelles, accusés de contrôler des secteurs stratégiques comme l’alimentation et le carburant, citant notamment des réseaux attribués à l’entourage de Sultani Makenga. « Où vont les recettes issues de ces ventes ? », s’est-il interrogé.
Au-delà du pillage des ressources, Éric Tshikuma a pointé une paupérisation accélérée des populations et une régression sociale induites par des prélèvements illégaux, l’évasion fiscale et l’éviction des entrepreneurs congolais.

« Ils pillent nos richesses à bout de fusil tout en installant un système qui prive l’État de recettes essentielles », a-t-il martelé.
Intervenant également au nom du rôle de contrôle du Parlement, le député a insisté sur la capacité de l’Assemblée nationale à documenter les faits.
« Avec près de 500 députés, dont plusieurs élus des zones touchées, nous disposons d’informations précises sur les crimes et les mécanismes de cette économie de prédation », a-t-il affirmé, appelant à un partage systématique de ces données avec le Gouvernement afin d’élaborer des réponses publiques ciblées et efficaces.

Face à l’urgence, l’élu a exhorté l’Exécutif à accélérer la finalisation du Programme prioritaire de reconstruction et de développement des zones sous occupation, annoncé par le Chef de l’État, pour une mise en œuvre immédiate dès le rétablissement de l’autorité de l’État.
« La relance des PME et la restauration des circuits économiques légaux seront décisives pour la stabilité durable », a-t-il souligné.
En somme, Éric Tshikuma a assuré de la mobilisation continue du Parlement pour que les populations de l’Est bénéficient des dividendes de la paix.
« La lutte contre l’économie de prédation exige une action concertée, fondée sur une documentation rigoureuse et un suivi parlementaire permanent », a-t-il conclu.
Joséphine Mawete


