Dans une note circulaire du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté autorisant le maintien des filles enceintes à l’école suscite un vif débat en République démocratique du Congo.
Portée par la ministre Raïssa Malu, cette mesure interdit désormais toute exclusion ou sanction d’une élève pour cause de grossesse, dès lors qu’elle souhaite poursuivre sa scolarité.
Selon la circulaire, « rien ne justifie l’exclusion des filles enceintes du système éducatif dès lors qu’elles n’ont pas manifesté l’intérêt de quitter l’école ».
Les établissements sont ainsi appelés à faciliter leur maintien sans discrimination ni conditions administratives injustifiées.
Du côté des défenseurs des droits des filles, la décision est saluée comme un pas en avant vers l’égalité d’accès à l’éducation. Selon eux, une grossesse ne devrait pas constituer un frein à l’avenir scolaire d’une jeune fille, surtout dans un contexte où les grossesses précoces sont souvent issues de violences ou d’un manque d’information.
Mais à mon humble avis, étant parent et mère éducatrice, je ne m’aligne pas derrière cette mesure car cette dernière encouragerait la sexualité dans des milieux scolaires. Chose que tout parent lutte dans la vie de sa fille mineure.
La dite mesure risquerait d’encourager l’impudicité et la banalisation des rapports sexuels chez les mineures. J’estime qu’en tolérant la présence de filles enceintes en classe, l’école risque d’envoyer un signal ambigu, surtout dans un pays attaché à des valeurs traditionnelles et culturelles strictes comme le nôtre.
Sachant que l’âge légal du consentement sexuel, fixé à 18 ans par la loi et je me dis cette disposition pourrait entrer en contradiction avec la législation en vigueur, en autorisant implicitement des comportements que la loi pénalise.
Pour moi , la priorité du ministère de l’éducation devrait plutôt être l’amélioration des conditions d’apprentissage, le renforcement de la gratuité de l’enseignement et la lutte contre les violences sexuelles en milieu scolaire.
Je saisie plutôt l’occasion pour faire appel à une application différenciée de la circulaire, ciblée sur les zones où les discriminations contre les filles enceintes sont les plus marquées plutôt que sur toute l’étendue du territoire national.

Audrey Bozene Ipungu


