Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a fait de la souveraineté alimentaire et de la valorisation des ressources nationales une priorité stratégique pour son second quinquennat.
Lors du 57ème Conseil des ministres tenu vendredi 5 septembre 2025, il a exhorté le gouvernement à mettre en place une politique économique ambitieuse visant à garantir un accès durable à une alimentation de qualité, réduire la dépendance extérieure et protéger l’économie congolaise face aux menaces structurelles.
L’urgence de renforcer la souveraineté économique
Dans son adresse, le Chef de l’État a souligné que l’égalité dans l’accès aux ressources et la sécurité alimentaire constituent des enjeux de sécurité nationale.
Selon lui, assurer l’accès durable à une alimentation de qualité, créer des emplois, réduire la dépendance extérieure, préserver les devises et renforcer la souveraineté économique sont des impératifs incontournables.
Félix Tshisekedi a dénoncé les fragilités héritées de plusieurs décennies :
– l’invasion massive des produits importés, souvent subventionnés, qui faussent la concurrence et étouffent la production locale ;
– la contrebande et les pratiques frauduleuses ;
– le phénomène dit Bilanga, qui alimente les marchés parallèles avec des produits à bas prix et illégaux.
Ces pratiques, a-t-il rappelé, découragent l’investissement, affaiblissent nos entreprises, réduisent les recettes fiscales, aggravent le chômage et minent l’autorité de l’État.
Un plan gouvernemental en préparation
Pour inverser la tendance, le Président Tshisekedi a instruit la Première ministre Judith Suminwa et plusieurs ministres notamment ceux en charge de l’Intérieur, de l’Économie nationale, de l’Industrie, des Finances et du Commerce extérieur, d’élaborer en urgence un paquet cohérent de mesures destiné à redynamiser le secteur productif et protéger les entreprises congolaises.
Ce plan devra comprendre :
– la révision ciblée des taxes à l’importation, afin de protéger les producteurs locaux tout en préservant le pouvoir d’achat des ménages ;
– le renforcement du cadre légal et réglementaire, garantissant la conformité et la traçabilité des produits ;
– la modernisation des dispositifs de contrôle et de répression contre la fraude et la contrebande ;
– la mise en place de mécanismes incitatifs pour stimuler l’investissement productif ;
– une stratégie nationale de communication visant à promouvoir la production locale, la consommation locale et la fierté de consommer congolais.
L’agriculture, un levier majeur pour l’avenir
Au cœur de cette vision se trouve l’agriculture, considérée comme l’un des piliers de la diversification de l’économie congolaise.
La RDC, qui dispose d’un potentiel agricole et pastoral immense, continue paradoxalement à importer massivement des denrées alimentaires qu’elle est en mesure de produire.
Pour de nombreux experts, la promotion du secteur agro-pastoral constitue l’une des voies les plus efficaces pour lutter contre l’insécurité alimentaire, réduire la pauvreté et créer des emplois durables.
Une vision de rupture
En plaçant la souveraineté alimentaire et la valorisation des ressources nationales au cœur de son action, Félix Tshisekedi entend amorcer une rupture avec des décennies de dépendance structurelle.
Son appel traduit une volonté politique forte de transformer le potentiel congolais en richesse réelle pour les citoyens, renforcer l’autorité de l’État et inscrire la RDC dans une trajectoire de développement économique souverain et inclusif.
Lydia Mangala


