Le 2 août n’est pas un jour comme les autres en République Démocratique du Congo. C’est une date de recueillement national, une journée de mémoire pour rendre hommage aux millions de Congolais arrachés à la vie dans l’indifférence mondiale.
La commémoration du Genocost, instaurée officiellement en 2021, est un cri, une exigence de vérité, un appel à la justice et à la reconnaissance des crimes contre l’humanité subis par le peuple congolais, notamment dans l’Est du pays depuis près de trois décennies.
L’origine du Genocost : un devoir de mémoire national
Le Genocost, contraction des mots « génocide » et « holocauste », a été conçu pour désigner les massacres à grande échelle, les violences sexuelles massives, les pillages et les déplacements forcés perpétrés sur le sol congolais, particulièrement à l’Est du pays depuis 1996.
C’est en 2021, sous l’impulsion de la société civile, de chercheurs, d’associations de victimes et du gouvernement, que la date du 2 août a été reconnue comme Journée nationale de commémoration du Genocost, en référence au début de la première guerre du Congo, le 2 août 1998.
Un cri contre l’oubli et l’impunité
Commémorer le Genocost, c’est refuser le silence, celui des instances internationales et parfois nationales.
C’est dénoncer l’indifférence face aux douleurs d’un peuple dont les plaies restent béantes. Des millions de morts, des milliers de femmes violées, des enfants enrôlés de force, des villages rayés de la carte. Et pourtant, aucun tribunal international n’a encore été mis en place pour juger ces crimes.
Mémoire, justice et engagement pour la paix
Cette journée est aussi un appel à la conscience collective. Chaque 2 août, le peuple congolais, au pays et dans la diaspora, se rassemble pour honorer la mémoire des disparus.
Des conférences, marches silencieuses, messes, dépôts de gerbes de fleurs, témoignages publics autant d’actes symboliques pour transformer la douleur en action, et le deuil en lutte pour la justice.
Le Genocost pousse les Congolais à s’approprier leur propre récit historique, à reconstruire leur mémoire collective, et à lutter pour que leurs souffrances ne soient ni niées, ni instrumentalisées.
Un combat mondial pour la reconnaissance
Le 2 août n’est pas seulement une affaire congolaise. C’est un enjeu universel. Le Genocost interpelle les consciences du monde entier.
Il pose la question de l’humanité face à l’horreur, du rôle des puissances étrangères dans les conflits armés, et de l’indispensable réforme des mécanismes de justice internationale.
La République Démocratique du Congo demande aujourd’hui, avec insistance, la création d’un Tribunal pénal international pour juger les crimes commis sur son sol. Un pas crucial pour que justice soit faite, et que la paix soit durable.
Le Genocost n’est pas une simple commémoration mais plutôt un combat pour la dignité humaine, pour la mémoire des martyrs et pour les droits des générations futures. C’est aussi une interpellation forte que nul ne devrait rester indifférent face à une telle tragédie.
Le 2 août, la RDC ne pleure pas seulement. Elle se tient debout, exige, et construit.
Lydia Mangala


