La Ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations, Marie-Thérèse Sombo, a procédé, le 4 mai dernier, au lancement officiel d’un atelier consacré au développement de la menace de référence en matière de sécurité nucléaire. La cérémonie s’est tenue à l’hôtel Marriott de Kinshasa, en présence d’experts nationaux et internationaux mobilisés autour des enjeux de sûreté nucléaire.
Cette initiative entre dans la continuité des mesures prises depuis le 23 mars dernier à Kolwezi, où la Ministre avait déclaré une urgence radiologique à la suite de l’exploitation artisanale du remblai radioactif T-17. Depuis cet épisode, les autorités congolaises ont renforcé leur vigilance et intensifié les actions visant à encadrer strictement la gestion des substances radioactives, en collaboration avec le Commissariat National de Protection contre les Rayonnements Ionisants (CNPRI), structure spécialisée dans le contrôle et la prévention des risques radiologiques.
Organisé en partenariat avec le Gouvernement des États-Unis, à travers le Département de l’Énergie, cet atelier illustre la coopération bilatérale renforcée entre Kinshasa et Washington dans un domaine hautement sensible. Cette collaboration vise notamment à renforcer les capacités techniques et institutionnelles de la RDC en matière de sécurité nucléaire, tout en favorisant l’échange d’expertise et de bonnes pratiques internationales.
Dans son intervention, Marie-Thérèse Sombo a salué ce partenariat stratégique, soulignant qu’il constitue un appui déterminant pour la modernisation du système national de sûreté nucléaire. Elle a rappelé que la RDC, sous l’impulsion du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est engagée dans une dynamique de sécurisation et de modernisation de ses infrastructures stratégiques, dans un contexte où les usages civils du nucléaire, notamment dans la santé, l’industrie et la recherche, exigent une gestion rigoureuse et responsable.
L’atelier met particulièrement l’accent sur l’élaboration de la « menace de référence » (Design Basis Threat), un outil recommandé par l’Agence internationale de l’énergie atomique permettant de définir les scénarios de menaces auxquels les systèmes de protection doivent être adaptés. Dans un environnement marqué par des risques émergents tels que le terrorisme nucléaire et le trafic illicite de matières radioactives, cet instrument apparaît comme essentiel pour anticiper et prévenir les vulnérabilités.
La Ministre a également insisté sur la nécessité d’une implication multisectorielle, appelant les participants issus des institutions techniques, des autorités de régulation ainsi que des services de sécurité et de renseignement à travailler en synergie. Elle a exhorté les experts à privilégier des échanges rigoureux et constructifs afin d’aboutir à des résultats concrets et applicables.
À l’issue de cet atelier, plusieurs objectifs majeurs sont attendus, notamment le renforcement du cadre réglementaire national en matière de sûreté nucléaire, la sécurisation accrue des frontières face aux trafics illicites de matières radioactives, ainsi que l’amélioration de la coordination entre les forces de sécurité, les services de renseignement et les autorités compétentes.
Cette initiative une étape importante dans la consolidation du dispositif national de sécurité nucléaire en République démocratique du Congo, dans un contexte où la maîtrise des risques radiologiques s’impose comme une priorité stratégique pour la protection des populations et de l’environnement.
Lydia Mangala


