
Ce lundi matin, la Ville-Province de Kinshasa s’est réveillée sous le spectre d’une paralysie généralisée des transports en commun. Malgré les appels à la responsabilité lancés par le Gouverneur Daniel Bumba lors de la réunion de crise tenue la veille, les chauffeurs de taxis et de taxis-bus ont maintenu leur mouvement de grève. En conséquence, des milliers de Kinois, habitués à ces moyens de transport, se retrouvent contraints de marcher pour se rendre à leurs lieux de travail, d’études ou à d’autres occupations.
Dans un contexte où près de 60 % de la population kinoise dépend des transports en commun, la situation est critique. Les rares alternatives disponibles, notamment les motards, ont profité de la demande accrue pour doubler, voire tripler, leurs tarifs habituels. Cela représente une pression supplémentaire pour des habitants déjà soumis à d’importantes contraintes économiques.
Ce mouvement de grève, enclenché pour protester contre la nouvelle grille tarifaire publiée le 7 janvier dernier, reflète des tensions persistantes entre chauffeurs, usagers et autorités. Bien que cette tarification ait été adoptée après consultation des associations de chauffeurs et d’usagers, elle continue de susciter des désaccords parmi certains acteurs du secteur.
Face à cette situation, les autorités provinciales, en collaboration avec les sociétés publiques Transco et Transacademia, ont annoncé des mesures d’urgence pour pallier l’insuffisance des moyens de transport. Toutefois, ces efforts restent limités face à l’ampleur de la demande.
Pour beaucoup, cette crise met en lumière la nécessité d’une réforme globale du système de transport en commun à Kinshasa. La réhabilitation des routes, l’accroissement du parc de véhicules publics et la mise en place d’un dialogue sincère entre toutes les parties prenantes s’imposent comme des solutions à long terme.
Dans l’immédiat, les Kinois attendent des réponses concrètes pour mettre fin à cette paralysie. Il est urgent que des efforts coordonnés soient entrepris pour garantir une mobilité efficace, accessible et durable dans la capitale congolaise.
Lydia Mangala

