Depuis plusieurs années, un phénomène inquiétant prend de l’ampleur dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo : les enlèvements suivis de demandes de rançon. Ce type de criminalité, autrefois considéré comme rare ou isolé, semble aujourd’hui devenir une réalité de plus en plus fréquente pour de nombreuses familles.
Les victimes sont souvent des commerçants, des enfants, des étudiants ou encore des personnes perçues comme ayant une certaine stabilité financière. Les ravisseurs ciblent généralement leurs victimes à la sortie de l’école, sur le chemin du travail ou parfois même devant leur domicile. Une fois la personne kidnappée, la famille reçoit rapidement un appel ou un message exigeant une somme d’argent en échange de la libération de leur proche.
Ces appels sont souvent accompagnés de menaces graves. Les ravisseurs imposent des délais très courts et demandent que la rançon soit versée discrètement. Dans la plupart des cas, les familles vivent alors des heures ou des jours d’angoisse intense, cherchant désespérément à réunir l’argent demandé pour sauver la vie de leur proche.
Ce qui choque et inquiète profondément la population, c’est le sentiment d’abandon face à cette criminalité. De nombreuses victimes affirment avoir signalé les enlèvements aux autorités, mais dénoncent un manque de réaction rapide ou efficace. Selon certains témoignages, les familles se retrouvent parfois seules face aux ravisseurs, sans véritable accompagnement ni stratégie claire pour retrouver les victimes.
Cette situation alimente un climat de méfiance envers les institutions chargées de garantir la sécurité publique, notamment la Police nationale congolaise, dont la mission est de protéger la population et de lutter contre la criminalité. Dans plusieurs quartiers, des habitants affirment que les cas d’enlèvements sont connus de tous, mais que peu d’enquêtes aboutissent à l’arrestation des responsables, renforçant ainsi le sentiment que certains criminels agissent presque en toute impunité.
Face à la montée des actes de banditisme et de criminalité urbaine, la question de la sécurité a également été évoquée au sein du gouvernement. Lors du Conseil des ministres présidé par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, les autorités ont reconnu la recrudescence de certaines formes de criminalité et ont instruit les services compétents de renforcer les dispositifs sécuritaires afin de mieux protéger la population. 
Parmi les décisions et orientations annoncées, le gouvernement a notamment demandé :
• le renforcement des dispositifs de sécurité dans les zones urbaines, en particulier dans la capitale Kinshasa ;
• l’intensification des opérations de lutte contre le banditisme urbain et les groupes criminels ;
• une meilleure coordination entre les services de sécurité et les autorités locales afin d’améliorer la prévention et la rapidité des interventions ;
• l’identification et la poursuite des individus impliqués dans la propagation de fausses informations susceptibles d’alimenter la psychose autour des kidnappings. 
Ces mesures visent à rétablir l’autorité de l’État et à rassurer une population de plus en plus inquiète face à l’insécurité.
Cependant, pour de nombreux citoyens, la lutte contre les kidnappings devrait être une priorité absolue. Ils attendent des enquêtes rapides, des opérations de recherche coordonnées et des sanctions exemplaires contre les auteurs de ces crimes.
Face à cette insécurité persistante, certaines communautés commencent déjà à organiser elles-mêmes des systèmes de vigilance locale afin de surveiller les quartiers et signaler les comportements suspects. Bien que ces initiatives témoignent de la volonté des habitants de se protéger, elles ne peuvent pas remplacer le rôle essentiel de l’État dans la protection des citoyens.
La multiplication des enlèvements constitue donc un signal d’alarme pour les autorités congolaises. Sans une réponse forte, structurée et visible des forces de sécurité, ce phénomène risque de continuer à se développer et à plonger davantage de familles dans la peur et l’incertitude.
Aujourd’hui plus que jamais, la population attend des actions concrètes : une police plus présente, des enquêtes sérieuses et une justice capable de punir ceux qui transforment la vie humaine en simple moyen d’extorsion. Car dans toute société, la sécurité des citoyens reste la première responsabilité de l’État.
Ben Mandjolo


