Architecte et militante active de la société civile, Caroline Pindi a intervenu, ce vendredi 28 novembre 2025, lors de la journée de sensibilisation organisée par la Fondation Femmes & STEM Asbl, pour dénoncer les violences faites aux femmes et aux filles, qu’elles soient physiques, verbales ou numériques.
Lors de son intervention, elle a insisté sur la nécessité d’un changement de mentalités profond dans la société congolaise, rappelant que la responsabilité des violences ne repose jamais sur la victime.
« On ne peut pas rendre responsable une personne qui subit un abus. Aujourd’hui, dans la société, même sur les réseaux sociaux, on voit des commentaires honteux. Une fois, j’ai vu un homme écrire : « Toutes les femmes aiment être battues. » Voilà le genre de mentalité qui détruit », a-t-elle déploré.
L’importance de l’éducation dès le plus jeune âge
Pour Caroline Pindi, l’éducation des garçons est essentielle pour mettre fin aux cycles de violence.
Elle a dénoncé les inégalités dans les écoles et les familles, où les filles sont souvent limitées tandis que les garçons bénéficient d’une plus grande liberté :
« Il faut éduquer les garçons avec les mêmes valeurs que les filles. On ne peut pas continuer de dire : « Tu es un garçon, donc tu peux faire ceci. » », a-t-elle affirmé.

Elle a également souligné les difficultés rencontrées par les femmes dans les institutions académiques et professionnelles, rappelant que le harcèlement sexuel et moral reste encore trop présent, parfois même de la part de professeurs :
« J’ai personnellement été victime de harcèlement durant ma vie académique. Heureusement, j’avais ma mère qui m’a aidée à m’en sortir. Mais combien de filles n’ont personne pour les protéger ? », a-t-elle témoigné.
Un appel à la responsabilité et à la protection
Caroline Pindi a rappelé que les lois évoluent pour protéger les victimes et que chacun a un rôle à jouer, qu’il soit parent, enseignant ou étudiant, pour empêcher que les violences perdurent :
« Aujourd’hui, les choses ont changé. Vous ne pouvez plus vous permettre de harceler une jeune fille, que ce soit à l’école ou à l’université. Les responsabilités sont désormais claires. », a-t-elle prévenu.
Son intervention a souligné que la lutte contre les violences faites aux femmes et filles ne peut réussir que par l’éducation, la sensibilisation et la responsabilisation de toute la société.
Lydia Mangala



