Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a donné ce mardi 17 février 2026 de nouvelles orientations à la Directrice générale intérimaire de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), Christelle Muabilu, pour engager sans délai des réformes profondes pour sauver cet établissement public du naufrage et restaurer sa crédibilité.
Devant la nouvelle responsable intérimaire, le ministre a insisté sur les qualités attendues d’un dirigeant appelé à conduire le redressement de l’Office. Il a notamment évoqué la nécessité d’une vision claire, d’une rigueur constante, d’une capacité de décision affirmée ainsi que d’une aptitude à sanctionner, positivement comme négativement. Pour lui, le rôle d’un chef n’est pas d’exécuter lui-même les tâches, mais de veiller à ce que le travail soit accompli par les bonnes personnes, dans la bonne direction et avec les ressources appropriées.
Cette mise au point intervient dans un contexte de fortes turbulences au sein de l’OCC. En effet, par arrêté ministériel signé le lundi 16 février 2026, le patron du Commerce extérieur a suspendu à titre conservatoire le Directeur général de l’Office, Étienne Tshimanga Mutombo, pour fautes lourdes de gestion. Il lui est notamment reproché l’installation d’un système informatique parallèle de contrôle des importations et des exportations, qui aurait facilité l’usage frauduleux de fausses Attestations de Vérification (AV), entraînant un manque à gagner évalué à plusieurs milliers de dollars américains. S’y ajouteraient des faits d’insubordination ainsi qu’une gestion jugée chaotique des ressources humaines et financières.
Dans la foulée, le ministre a décidé de mettre en place une Commission de redressement de l’OCC. Cette structure spéciale, dont les frais logistiques seront entièrement pris en charge par le budget du ministère du Commerce extérieur et non par celui de l’Office, a reçu un mandat précis et limité dans le temps.
La commission devra dresser un état des lieux administratif et financier de l’établissement, passer au crible les contrats et partenariats en cours, auditer la production et examiner les mécanismes de contrôle de la qualité, de la quantité et de la conformité des marchandises à l’importation et à l’exportation. Elle est également chargée de formuler à l’autorité compétente des propositions concrètes de redressement.
Dotée d’un délai de dix jours, renouvelable une seule fois, la commission sera dirigée par le professeur Byombuka Onésime, assisté de Maître Kayeye Kasongo David comme vice-président et du professeur Joseph Ndakaishe Mwanamulenda comme rapporteur, entourés de plusieurs membres issus de profils techniques variés. Elle travaillera en étroite collaboration avec les commissaires aux comptes et pourra, en cas de besoin, faire appel à toute personne ressource, y compris des retraités, agents, cadres ou experts intéressés par la réforme de l’Office.
Selon l’arrêté ministériel, la commission dispose d’un plein pouvoir d’accès à tous les documents jugés utiles ainsi qu’aux comptes bancaires de l’OCC, signe de la volonté des autorités de mener un audit approfondi.
Pendant la période de suspension du Directeur général titulaire, l’intérim de la direction est assuré par Christelle Muabilu, appelée à piloter la phase d’urgence.
À travers ces décisions, le ministre Julien Paluku entend rappeler que les biens de l’État ne sauraient être considérés comme des biens sans maître, réaffirmant ainsi la détermination du gouvernement à restaurer la discipline de gestion et la performance au sein de cet organisme stratégique chargé du contrôle de la qualité des produits destinés à la consommation en République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


