Dans l’écho assourdissant des discours politiques, celui de Joseph Kabila, ex-président de la République Démocratique du Congo, résonne comme un glas. Loin des circonlocutions habituelles, ses propos, accueillis avec une condescendance méprisante par les zélotes du pouvoir en place, ont néanmoins éveillé une sonnette d’alarme parmi les observateurs avertis. L’heure n’est plus aux atermoiements, mais à une lucidité impérieuse et à une stratégie qui se doit d’être aussi robuste que l’est la menace.
L’entrée de Kabila en RDC, sous l’égide de l’AFC-M23 et des forces rwandaises, n’est pas un simple retour. Son installation à Goma, bastion de cette même milice, s’apparente à une déclaration de guerre froide. La présence de 28 généraux des FARDC à ses côtés, loin d’être anecdotique, révèle des fractures béantes au sein de l’armée, des allégeances douteuses qui pourraient se muer en lames acérées.
Les conciliabules stratégiques qui se tiennent à Goma, dans ce théâtre d’ombres et de manœuvres, esquissent les contours d’une entreprise de déstabilisation. La déclaration de Bertrand Bisimwa, chef du M23, qui rompt les amarres avec Kinshasa et prône une autonomie belliqueuse, est un coup de semonce. Elle indique une volonté de s’affranchir des cadres institutionnels pour embrasser une logique de force.
Les mots de Kabila, tranchants comme des scalpels, qualifiant Félix Tshisekedi de tyran et jurant de mettre fin à son règne, ne sont pas de vaines rodomontades. L’histoire, cette implacable maîtresse des leçons oubliées, nous enseigne que de tels desseins se réalisent rarement par la voie du dialogue. Ils se nourrissent de révolutions, de coups de force, de secousses telluriques.
Il est donc impératif de décrypter les alliances obscures, les sources de financement opaques, les capacités militaires de Kabila et de ses soutiens. Il est tout aussi crucial de sonder les failles des FARDC, de cartographier les soutiens régionaux et internationaux dont il pourrait bénéficier. Une réponse qui se contenterait de tergiverser serait une faute impardonnable. Seule une stratégie proactive, anticipant chaque scénario, pourra conjurer le spectre d’une conflagration imminente.
L’énigme Kabila à Goma n’est pas une simple curiosité diplomatique. Elle est le présage d’une crise qui pourrait embraser la région. L’heure est à la vigilance, à la clairvoyance, à l’action.
Guyvenant Misenge, le cœur ceint, je dis:
La vie ou la mort, dressons nos fronts longtemps courbés.


