La République démocratique du Congo a officiellement déclaré, ce jeudi 2 avril 2026 à Kinshasa, la fin de l’épidémie de Mpox en tant qu’urgence nationale de santé publique. Une annonce majeure faite par le ministre de la Santé, Roger Samuel Kamba, marquant un tournant décisif dans la gestion des crises sanitaires en Afrique centrale.
« Au nom du gouvernement et sous l’autorité du Président de la République, Félix Tshisekedi, je déclare officiellement la fin de l’épidémie de Mpox en tant qu’une urgence nationale de santé publique. Nous avons atteint les objectifs parce que nous avons une coordination unique, un plan unique, un budget unique et une réponse unique », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie officielle.
Cette décision intervient après près de deux années de riposte intense face à une épidémie qui avait connu une résurgence depuis fin 2022. Grâce à une stratégie reposant sur la surveillance épidémiologique, le diagnostic, la vaccination et une coordination multisectorielle, les autorités sanitaires sont parvenues à inverser durablement la courbe de propagation du virus.
Les chiffres témoignent de cette progression. Alors que le pays enregistrait jusqu’à plus de 2 200 cas par semaine au pic de l’épidémie en 2025, ce chiffre est aujourd’hui descendu à environ 170 cas hebdomadaires. Le ministre de la Santé a également mis en avant l’efficacité de la gestion financière de la riposte.
« Ebola, avec 3 000 cas, avait mobilisé un budget d’environ 1,2 milliard de dollars, alors que Mpox, avec plus de 124 000 cas, a été contenu avec 90 millions de dollars », a-t-il expliqué.

Au-delà de la maîtrise de l’épidémie, cette crise a permis un renforcement significatif du système de santé congolais. Le pays est notamment passé de seulement deux laboratoires opérationnels au début de la crise à près d’une soixantaine aujourd’hui, améliorant considérablement ses capacités de diagnostic et de réponse rapide.
Par ailleurs, plus de 1,5 million de personnes ont été vaccinées grâce aux vaccins MVA-BN et LC16-m8, contribuant à freiner la propagation du virus dans les zones les plus touchées.

Ce jeudi 2 avril, le gouvernement congolais a également précisé que la riposte a permis d’investiguer près de 125 000 cas, avec un taux de létalité maintenu à 1,39 %, traduisant l’efficacité de la prise en charge sanitaire. Cette performance repose sur une stratégie modernisée intégrant la digitalisation de la surveillance épidémiologique, la décentralisation du diagnostic et le renforcement des capacités locales de réponse.
Le ministre Roger Kamba a salué l’engagement des professionnels de santé sur le terrain ainsi que l’appui technique et financier des partenaires internationaux, notamment l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’UNICEF et l’Union européenne.
Malgré cette avancée, les autorités insistent sur le fait que le virus n’est pas totalement éradiqué. Le ministère de la Santé, en collaboration avec les structures spécialisées, maintient un dispositif de surveillance active afin de prévenir toute résurgence. La fin de l’épidémie en tant qu’urgence nationale constitue néanmoins une victoire importante pour le pays. Elle illustre l’efficacité d’une réponse coordonnée et l’impact des investissements dans le secteur de la santé.
Le pays entre désormais dans une phase de transition vers la résilience sanitaire, avec pour objectif de transformer les acquis de cette lutte en un système d’anticipation durable.
Pour les autorités, le défi désormais est de consolider ces acquis et renforcer durablement la souveraineté sanitaire de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


