Le ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a pris part, ce mardi en début d’après-midi à Kinshasa, au premier échange intergénérationnel 2026, organisé par l’ASBL Dialogue Intergénérationnel, au Centre Wallonie-Bruxelles.
Intervenant en ouverture du deuxième panel, le ministre a développé le sous-thème : « Processus de Doha et de Washington : vers une paix durable ? Analyse des rapports de force et des acteurs clés ».
Dans un exposé concis et structuré, Patrick Muyaya est revenu sur les accords de Doha et de Washington, dans lesquels le Président de la République, Félix Tshisekedi, et son gouvernement sont engagés en vue du rétablissement définitif de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo et de la relance d’un développement économique durable.
S’inscrivant dans une logique de redevabilité, le Porte-parole du Gouvernement a exhorté la jeunesse congolaise à s’impliquer activement aux côtés des institutions de la République.
« Cette guerre d’agression n’est pas menée contre le Président de la République, mais contre l’ensemble du peuple congolais. Elle nous est injustement imposée par le Rwanda pour imposer son modèle économique », a-t-il déclaré, appelant les jeunes à faire de l’engagement citoyen un levier essentiel pour la consolidation d’une paix durable.

S’adressant à l’assistance réunie dans la salle Jacques Brel, Patrick Muyaya a tenu à clarifier le sens de l’action publique et des responsabilités politiques.
« On ne fait jamais carrière dans la jeunesse. Les responsabilités s’assument dans le temps, à travers des institutions organisées », a-t-il rappelé, avant de souligner que « dans un pays, ce ne sont pas cent millions d’habitants qui peuvent engager la nation en même temps. C’est pour cela que nous organisons des élections ».
Revenant sur les racines profondes de la crise sécuritaire dans l’Est du pays, le ministre a expliqué que les violences actuelles s’inscrivent dans un cycle entamé depuis le génocide rwandais de 1994.
« Depuis près de trente ans, nous sommes pris dans un engrenage de violences dont nous ne sommes malheureusement pas encore sortis », a-t-il indiqué, pointant la responsabilité du régime rwandais dans l’instabilité persistante de la région.

Patrick Muyaya a rappelé que, dès son accession à la magistrature suprême, le Président Félix Tshisekedi a fait le choix de la coopération régionale et de la transparence, en multipliant les initiatives diplomatiques avec les neuf pays voisins de la RDC, notamment à travers l’adhésion à la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) en 2022.
« Nous n’avons aucun problème avec le peuple rwandais. Notre différend est avec le régime rwandais dirigé par le président Paul Kagame », a-t-il insisté, soulignant la complexité d’un conflit opposant deux pays unis par la géographie, l’histoire et des réalités humaines étroitement liées.

Évoquant les mécanismes de médiation, le ministre a expliqué que l’échec des initiatives régionales avait conduit à une escalade des violences, avant l’adoption de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, exigeant notamment le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et ouvrant la voie à un dialogue encadré.
« C’est dans ce contexte que, le 18 mars, le Président de la République a rencontré son homologue rwandais sous l’égide de l’Émir du Qatar », a-t-il précisé, ajoutant que cette dynamique a été renforcée par l’implication du Qatar et des États-Unis, ainsi que par l’imposition de sanctions internationales à l’encontre du Rwanda.
À Washington, les discussions ont porté à la fois sur la paix régionale et sur un partenariat stratégique bilatéral.

« Dans l’accord de paix, nos lignes rouges ont été respectées. Aucun centimètre carré du territoire congolais ne sera cédé », a martelé Patrick Muyaya, soulignant que la sécurité demeure le préalable indispensable à toute intégration économique régionale viable.
Le ministre a également dénoncé le soutien du Rwanda aux groupes armés opérant dans l’Est de la RDC.
« Le FDLR comme le M23 n’existent que par la volonté du Rwanda. Leurs avancées ne sont possibles que parce que certains Congolais trahissent leur pays », a-t-il affirmé, rejetant toute accusation de discours de haine au sein de la société congolaise.

Concernant le processus de Doha, Patrick Muyaya a indiqué qu’une déclaration de principes a déjà été signée et que huit problématiques majeures ont été identifiées, parmi lesquelles le cessez-le-feu et les échanges de prisonniers figurent en tête des avancées enregistrées.
« Tous les textes sont publics. Aucun accord signé à Doha ou à Washington n’est secret », a-t-il assuré.

En conclusion, le Porte-parole du Gouvernement a lancé un appel à une mobilisation collective et durable.
« Cette guerre n’est pas celle d’un régime. Deux chefs d’État congolais en sont morts et des millions de Congolais en ont été victimes. Les soldats qui tombent au front sont nos frères et nos cousins », a-t-il rappelé, soulignant que les ressources aujourd’hui consacrées à la guerre pourraient, une fois la paix rétablie, être orientées vers la santé, l’éducation et le bien-être social.

Il sied de noter que ce panel a également enregistré la participation du Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, du Secrétaire exécutif d’Ebuteli, Freud Bauma, ainsi que du Directeur général de Glorhis Multiservices SARL, Don Mbuyi.
La jeunesse congolaise y était fortement représentée, notamment par le Président du Conseil national de la jeunesse, Claude Mbuyi. Les organisateurs ont salué la disponibilité des deux ministres du gouvernement Suminwa II, qui ont consacré plus de trois heures aux échanges avec les jeunes au Centre Wallonie-Bruxelles.
Joséphine Mawete


