À la veille du huitième de finale tant attendu entre le Maroc et la Tanzanie, Walid Regragui s’est présenté face à la presse ce samedi au Complexe Prince Moulay Abdellah de Rabat. Entre prudence tactique et rappel historique, le sélectionneur des Lions de l’Atlas a posé les bases d’un match qui s’annonce plus complexe qu’il n’y paraît.
« Pourquoi on ne l’a pas gagnée depuis 50 ans »
Alors que le Maroc porte l’étiquette de grandissime favori de la compétition, surtout en évoluant à domicile, Walid Regragui refuse de céder à l’euphorie ambiante. Pour lui, le principal adversaire du Maroc pourrait être son propre excès de confiance.

« C’est la CAN de l’humilité, c’est ce que je dis au vestiaire. On entend qu’on est le grand favori, qu’on doit gagner facilement sinon c’est un échec. Notre travail c’est de garder les pieds sur terre. », a expliqué Walid Regragui, devant les médias.
Dans une salle remplie, le coach national n’a pas hésité à remuer les souvenirs douloureux des échecs passés pour mobiliser ses troupes.
« On doit se rappeler pourquoi on ne l’a pas gagnée depuis 50 ans. On ne l’a pas gagnée car on a manqué d’humilité à un certains moments. », a rappelé le technicien marocain.
En fait, la Tanzanie est un adversaire en pleine croissance. Loin de sous-estimer les Taifa Stars, Regragui a salué l’évolution du football tanzanien, porté par le rayonnement de ses clubs phares sur la scène continentale (Simba SC et Young Africans).
« On va respecter la Tanzanie qui s’est qualifiée et qui grandit dans son football avec deux bons clubs locaux », a-t-il précisé, balayant l’idée d’une simple formalité.

Interrogé sur le style de jeu de son équipe, souvent jugé trop prudent par certains observateurs, le technicien marocain a tenu à remettre les pendules à l’heure concernant son système de pression.
« On nous a fait passer pour une équipe attentiste depuis 3 ans mais ce n’est pas le cas. Le souci c’est qu’on ne peut pas presser tout le match. On doit mieux gérer nos temps forts et nos temps faibles. », a déclaré Walid Regragui
Avant ce choc, Walid Regragui a souligné que la profondeur de son effectif permet désormais des ajustements plus fins en cours de match pour maintenir une intensité constante. Le sélectionneur a relevé un point statistique intéressant. « Les équipes qui jouent contre nous, le match d’après, elles résistent moins. » Une preuve, selon lui, de l’exigence physique et mentale que les Lions imposent sur le terrain.
À 24 heures du coup d’envoi de ce choc Maroc-Tanzanie, le rendez-vous est pris. Dans un stade de Rabat qui s’annonce bouillonnant, les Lions de l’Atlas devront transformer les paroles de leur coach en actes pour valider leur ticket pour les quarts de finale.
Josaphat Mayi, à Rabat


