Face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo et à l’afflux massif de populations déplacées vers les pays voisins, le Gouvernement congolais a lancé une mission d’assistance humanitaire régionale.
Conduite par la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, cette mission vise à apporter un soutien concret aux compatriotes réfugiés en République Unie de Tanzanie, tout en réaffirmant l’engagement des autorités congolaises à protéger et accompagner leurs citoyens contraints à l’exil.
Une mission humanitaire au cœur de la crise régionale
Après une première étape à Bujumbura, au Burundi, la délégation gouvernementale congolaise est arrivée le dimanche 11 janvier 2026 à Dar es Salam, avant de rallier la région de Kigoma le lundi 12 janvier.
Cette mission, menée sur instruction du Président de la République, Félix Tshisekedi, s’inscrit dans une dynamique de solidarité nationale et de responsabilité étatique face aux conséquences humanitaires de l’agression rwandaise et de l’occupation de plusieurs territoires de l’Est de la RDC par les groupes armés du M23/AFC.
Sur place, la ministre d’État Ève Bazaiba, accompagnée du ministre délégué en charge de la Francophonie et de la diaspora congolaise, Crispin Mbadu, a multiplié les rencontres avec les autorités locales tanzaniennes et les partenaires humanitaires afin d’évaluer les conditions de vie des réfugiés congolais et de renforcer la coordination des actions d’assistance.
Les chiffres officiels font état de 86 918 Congolais réfugiés en Tanzanie, principalement regroupés dans le camp de Nyarugusu, une réalité humanitaire lourde de conséquences sociales, économiques et psychologiques.
Dialogue institutionnel et reconnaissance diplomatique
À Kigoma, une séance de travail de haut niveau a réuni la ministre d’État, le gouverneur de la région, le vice-ministre tanzanien des Affaires étrangères et la représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR).
Les discussions ont porté sur les mécanismes de prise en charge des réfugiés, les contraintes logistiques rencontrées sur le terrain et les perspectives d’amélioration des conditions d’accueil.
Au nom du Gouvernement congolais, Ève Bazaiba a salué l’hospitalité et la solidarité des autorités tanzaniennes, soulignant que cet accueil témoigne de la solidité des relations diplomatiques entre les deux pays.
Elle a également insisté sur le fait que la présence prolongée des réfugiés en terre tanzanienne ne saurait être une solution durable, rappelant que la priorité demeure le rétablissement de la paix et de la sécurité en RDC afin de permettre un retour volontaire, digne et sécurisé des déplacés.
Nyarugusu : entre détresse humanitaire et espoir de retour
Le point culminant de cette mission a été la visite du camp de réfugiés de Nyarugusu, ouvert depuis près de trente ans et qui accueille aujourd’hui environ 174 000 réfugiés, dont une majorité de Congolais. Ève Bazaiba est ainsi devenue la première haute autorité congolaise à fouler le sol de ce camp, un geste fort et hautement symbolique pour les réfugiés.
Les échanges directs avec les familles réfugiées ont mis en lumière une situation humanitaire de plus en plus préoccupante, aggravée par le retrait de certains partenaires financiers internationaux, notamment les États-Unis. Cette baisse des financements affecte sévèrement les secteurs clés tels que l’alimentation, la santé et surtout l’éducation, avec le risque réel de non-organisation de l’Examen d’État pour l’année en cours.
Lors de la visite de l’école primaire SIFA, qui accueille de nombreux enfants congolais, la ministre d’État a pu constater les besoins criants en infrastructures, en matériel scolaire et en soutien pédagogique.
Un message de réconfort, de responsabilité et de cohésion nationale
Lors d’un meeting populaire tenu au sein du camp, la ministre d’État a transmis aux réfugiés le message du Président de la République, réaffirmant que le Gouvernement congolais demeure pleinement engagé à défendre l’intégrité territoriale du pays et à garantir le bien-être de chaque citoyen.
Elle a encouragé le principe du rapatriement volontaire, soulignant que le retour ne saurait se faire que dans des conditions de sécurité et de paix durables.
Émue par l’accueil chaleureux des réfugiés, Ève Bazaiba a rappelé que la mission gouvernementale d’assistance humanitaire vise avant tout à redonner espoir, dignité et réconfort aux compatriotes en situation de grande vulnérabilité, tant au Burundi qu’en Tanzanie.
Lydia Mangala


