Les inondations qui ont frappé la capitale congolaise début avril ont laissé derrière elles un lourd tribut humain et matériel : 70 morts, 150 blessés et 6 personnes portées disparues, selon les chiffres communiqués par l’ONG La Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV).
Dans un communiqué rendu public hier lundi 14 avril 2025, l’organisation se dit vivement préoccupée par cette énième catastrophe, liée selon elle à une gestion déficiente de l’environnement urbain.
L’obstruction des caniveaux et les constructions anarchiques pointées du doigt
La VSV note que la montée des eaux a été aggravée par l’obstruction des caniveaux due à l’accumulation des déchets et par la prolifération des constructions anarchiques sur les emprises publiques.
Face à cette situation, elle exhorte l’Assemblée nationale et l’Assemblée provinciale de Kinshasa à adopter respectivement une loi et un édit interdisant le jet de bouteilles plastiques, sachets et autres déchets dans les rivières et sur les routes.
Des amendes contre les pollueurs, plus de poubelles en ville
L’ONG propose que toute personne prise en flagrant délit de pollution soit sanctionnée par une amende.
Elle invite l’exécutif provincial à prendre des dispositions pour multiplier les poubelles publiques et renforcer le contrôle :
« Quiconque est surpris en train de jeter des bouteilles plastiques vides, des déchets, des sachets, etc. dans les rivières, sur la route… doit être interpellé pour payer une amende comme cela se fait sous d’autres cieux », souligne le communiqué.
Responsabiliser les autorités locales et construire un système de drainage efficace
La VSV appelle également à une responsabilisation accrue des bourgmestres, chefs de quartiers et de rues afin qu’ils veillent quotidiennement à la salubrité publique.
Elle insiste par ailleurs sur la nécessité d’un système de drainage pluvial performant pour éviter les catastrophes similaires à l’avenir.
La structure suggère des sanctions sévères à l’encontre de ceux qui construisent illégalement sur des zones interdites et des agents publics impliqués dans la vente illicite de terrains ou la violation des normes urbanistiques.
Relocalisation, indemnisations et surveillance des mesures
Parmi ses recommandations fortes, l’ONG propose :
– La relocalisation des populations vivant dans les zones à risques, avec un accompagnement financier et matériel adéquat ;
– La prise en charge intégrale des frais de funérailles des victimes ;
– L’indemnisation des familles sinistrées ;
– La mise en place d’une commission mixte chargée de veiller à l’application des mesures promises ;
– La construction ou le renforcement des digues le long des rivières exposées à des crues.
Des pluies encore attendues : la vigilance s’impose
Alors que la rivière Ndjili continue de monter et que sa traversée représente un danger pour les populations riveraines, la METELSAT a annoncé des pluies abondantes tout au long du mois d’avril.
Le président de la République, lors de la 39e réunion du conseil des ministres, a exhorté les autorités à une évaluation rigoureuse de la situation et à la mise en œuvre rapide de mesures d’urgence pour venir en aide aux populations affectées.
La VSV en appelle à une gouvernance environnementale plus stricte, pour que les pertes humaines cessent de se répéter à chaque saison de pluie.
Lydia Mangala


