Modérée par Edwige Lusamba, cheffe de projet à LFM, l’intervention de la coordonnatrice et fondatrice du Leadership de la Femme des Médias (LFM), Grâce Shako, a ouvert les échanges du brunch « Bien-être & Leadership ».
Elle a retracé le sens de son combat de redonner aux femmes, et surtout aux jeunes filles, des repères solides pour bâtir un leadership plus juste, plus équilibré et plus collectif.
Une vocation née de l’expérience et d’un constat alarmant

« Il n’y a pas eu un moment particulier qui m’a poussée à créer LFM, c’était une évidence » a-t-elle confié.
Forte de son parcours dans le journalisme, elle dit avoir vu et vécu trop de discriminations, trop de sexisme, trop de violences basées sur le genre.
« C’est ce qui m’a motivée à créer Leadership des Femmes des Médias » a-t-elle expliqué.
Depuis près de quatre ans, l’ONG agit dans les médias et au-delà, pour défendre les femmes, amplifier leurs voix et combattre les violences et préjugés qui freinent leur ascension.
Former les jeunes filles : un devoir de transmission
Pour Grâce Shako, le leadership féminin se construit dès le jeune âge.
« Nous nous concentrons sur les jeunes filles parce que ce sont des personnes qu’on peut encore changer » a-t-elle souligné, rappelant l’importance du rôle des aînées :
« En tant qu’aînée, nous avons le devoir de passer le bâton » a-t-elle insisté.
« J’ai remarqué que notre société manque de leadership féminin » a-t-elle déploré le manque de modèles féminins dans la société.

Déconstruire les stéréotypes : gérer les femmes, un défi renforcé par les préjugés
Dans une déclaration franche et assumée, elle a évoqué les résistances rencontrées par les femmes leaders :
« Beaucoup de femmes préfèrent avoir un chef homme qu’une cheffe femme » a-t-elle dénoncé.

« Les hommes bloquent les opportunités, mais les femmes bloquent », a-t-elle poursuivi son idée, une formule puissante qui révèle la réalité des rivalités et des freins internes encore très présents.
Selon elle, être leader ne se limite pas aux hautes fonctions mais à tous les niveaux de la société.
Humilité, écoute et travail d’équipe

Grâce Shako propose un modèle de leadership qui repose sur la concertation et la collaboration.
« Le leadership que je prône est un leadership consensuel parce que c’est ensemble qu’on va créer quelque chose » a-t-elle déclaré.
Elle affirme consulter son équipe pour toutes les décisions, même les plus petites, car « un bon leadership, c’est le leadership d’humilité » a-t-elle rappelé.
Elle a aussi pointé deux pièges fréquents notamment la passivité et le perfectionnisme.
« Le défaut d’une femme leader, c’est de ne rien faire » a-t-elle dit, avant de nuancer : « Un autre défaut, c’est de penser que personne ne peut rien faire mieux que nous ».
Bien-être et équilibre, des priorités souvent sacrifiées

Évoquant la santé mentale et le repos, elle a mis en garde contre l’excès d’engagement.
« Il est très important pour toute femme leader de se reposer, de se ressourcer » a-t-elle affirmé, rappelant que le leadership n’est pas la masse.
À travers son intervention, Grâce Shako a exposé sur un leadership féminin ancré dans l’humilité, la transmission, le bien-être et la collaboration.
Une vision qui s’impose comme une réponse urgente aux défis et aux inégalités qui persistent encore, dans les médias comme dans la société.
Lydia Mangala


