Sous les lustres de la Salle Kimbuta de l’Hôtel de Ville, une étape décisive pour la gestion urbaine de la capitale a été franchie ce mercredi 11 mars 2026. Le Ministère provincial des Finances, de l’Économie et du Numérique, en synergie avec celui de l’Intérieur, Magloire Kabemba a officiellement donné le coup d’envoi de la campagne de délivrance de la carte de résidence pour les sujets étrangers.
L’ambiance était solennelle, mais l’enjeu, lui, est éminemment pragmatique. Pour l’exécutif provincial, il ne s’agit plus seulement d’accueillir, mais de répertorier, de sécuriser et de rentabiliser. Cette campagne répond à une triple nécessité. D’abord de régulariser le séjour des expatriés, disposer de statistiques fiables et, surtout, renflouer les caisses de la ville-province pour soutenir les grands chantiers du quinquennat.
Le ton a été donné par Jeannot Canon, Ministre provincial de l’Intérieur et de la Sécurité. Pour lui, cette carte est bien plus qu’un simple morceau de plastique. C’est le « symbole de l’engagement » de Kinshasa pour une migration ordonnée. Dans une ville qui se veut moderne et inclusive, la maîtrise des flux migratoires est devenue une priorité absolue.
« Cette initiative marque une étape importante dans notre volonté de renforcer la sécurité et la gestion des flux migratoires. Le Gouverneur a résolu de faire de la sécurité des personnes, nationales comme étrangères, une priorité de son quinquennat 2023-2028 », a-t-il affirmé avec détermination dans la salle.

Le ministre a insisté sur le fait que ce nouveau système, désormais digitalisé, vise à rassurer les étrangers sur la légalité de leur séjour tout en luttant efficacement contre l’immigration clandestine. Si la sécurité est le bouclier, les finances sont le moteur.
En fait, Magloire Kabemba Okandja, Ministre provincial des Finances, de l’Économie et du Numérique, a mis l’accent sur la dimension économique de cette opération. Dans un contexte où les défis de développement de la mégapole kinoise sont immenses, chaque source de revenu compte. Pour le patron des finances provinciales, l’équation est simple pour que l’État agisse. Il lui faut des moyens. Et ces moyens doivent provenir de tous ceux qui vivent et prospèrent dans la capitale.

« Il faut que nous sachions exactement quels sont les étrangers qui ont choisi notre pays comme terre d’accueil, et quelles sont les activités qu’ils exercent parmi nous. Le gouvernement ne peut agir efficacement que lorsque les ressources financières sont collectées et canalisées dans les comptes du Trésor public », a déclaré Magloire Kabemba Okandja.
Soucieux d’équité, le ministre a précisé qu’un arrêté interministériel fixe les tarifs de cette carte selon des critères sociaux et professionnels. En fait, les jeunes et les étudiants bénéficient de tarifs réduits pour ne pas entraver leur parcours. Les opérateurs économiques contribuent à la hauteur de leurs activités professionnelles.
Une technologie au service de la transparence…
Jusque-là, l’innovation majeure de cette campagne réside dans son caractère numérique. En intégrant le volet «Numérique» de son portefeuille, le ministre Magloire Kabemba garantit un processus de traçabilité sans précédent. Cette digitalisation permet d’éviter les fraudes et assure que les fonds perçus servent réellement à l’amélioration du cadre de vie des Kinois.
En clôturant la cérémonie, les autorités ont rappelé que la République Démocratique du Congo reste une terre d’hospitalité légendaire. Toutefois, cette hospitalité s’exprime désormais sous le signe de la règle et de la contribution citoyenne. Dès aujourd’hui, les sujets étrangers sont invités à se mettre en règle pour participer, eux aussi, à l’essor de la capitale.

Entre modernité technologique et rigueur administrative, Kinshasa pose ainsi les jalons d’une gouvernance urbaine repensée. Si le succès de cette campagne repose désormais sur l’adhésion des communautés expatriées, le message de l’exécutif provincial est de bâtir la mégapole de demain où, chaque résident, d’où qu’il vienne, doit devenir un acteur à part entière de sa transformation.
Josaphat Mayi


