Au cœur des échanges sur la viabilité du financement de l’éducation en République démocratique du Congo, l’ancien Premier ministre et acteur politique Adolphe Muzito a livré, lors du segment politique de haut niveau, une analyse axée sur la nécessité de garantir la stabilité budgétaire du secteur, tout en préservant les acquis sociaux, notamment la gratuité de l’enseignement primaire.
Intervenant sur les perspectives de soutenabilité financière du système éducatif congolais, il a mis en avant plusieurs leviers structurels susceptibles d’améliorer l’efficacité des dépenses publiques et d’assurer une meilleure gestion des ressources allouées à l’éducation.

Pour Adolphe Muzito, la gratuité de l’enseignement de base demeure une avancée sociale majeure qu’il convient de consolider.
« La gratuité de l’enseignement est un acquis fondamental pour notre pays. Elle doit être protégée et accompagnée d’une meilleure organisation des finances publiques afin de garantir sa continuité », a-t-il souligné.
Il estime que cette politique, bien que coûteuse pour l’État, constitue un investissement stratégique dans le capital humain et la réduction des inégalités sociales.

Parmi les pistes évoquées, l’ancien chef du gouvernement a également insisté sur la nécessité de rationaliser les effectifs enseignants et administratifs afin de contenir les charges budgétaires et d’améliorer l’efficacité globale du système. Il a notamment abordé la question sensible de la régularisation d’environ 43 000 agents du secteur éducatif, une opération qui, selon lui, doit être encadrée par des critères stricts de transparence et de viabilité financière.
« La régularisation des agents doit se faire dans le respect des capacités réelles du budget de l’État. Il ne s’agit pas seulement d’intégrer, mais de garantir que chaque dépense soit soutenable dans le temps », a-t-il expliqué.

Adolphe Muzito a, en outre, plaidé pour une réforme en profondeur de la gestion budgétaire du secteur éducatif, appelant à une planification plus rigoureuse et à une meilleure priorisation des dépenses publiques. Il a encouragé le renforcement des mécanismes de contrôle et de suivi afin de prévenir les dérives financières et d’assurer une gestion plus responsable des ressources.
Son intervention met en lumière l’enjeu central d’une gouvernance financière maîtrisée pour garantir la pérennité du système éducatif. Selon lui, seule une discipline budgétaire renforcée, adossée à une vision à long terme, permettra de consolider les acquis et de soutenir durablement le développement du capital humain en République démocratique du Congo.
Ben Mandjolo


