Dans une République démocratique du Congo traversée par des secousses sécuritaires, économiques et sociales, rares sont les responsables publics qui s’aventurent au cœur des zones en crise. Pendant que beaucoup observent à distance les soubresauts du pays, une femme a choisi une voie différente : celle de la proximité, de l’affrontement des réalités et de la revalorisation du courage congolais.
Depuis le lancement des Consultations Nationales de la Jeunesse, la ministre de la Jeunesse et Éveil patriotique, Grâce Emy Kutino, multiplie les déplacements à travers le pays. Mais s’il y a une étape qui symbolise plus que tout son approche, c’est Beni.
Beni, ville meurtrie, bastion de la souffrance, mais aussi citadelle de résilience, de patriotisme et de dignité congolaise.
Beni, symbole d’une jeunesse qu’on ne peut ignorer’
Alors que plusieurs localités du Kivu tombent sous la pression des groupes armés et que certaines routes sont devenues synonymes de mort, Grâce Emy Kutino a fait un choix : aller là où l’État est attendu, pas où il est applaudi.
Là où les sirènes et les armées de sécurité ont remplacé la quiétude d’antan, la ministre a foulé le sol en pensant à une seule chose :
Une jeunesse qu’on entend trop peu, mais qu’on sacrifie trop souvent.
À Beni, ses premiers pas ont été marqués par un moment lourd de sens :
la marche silencieuse à la mémoire des victimes, puis la rencontre avec les familles, les leaders de jeunesse, les organisations citoyennes, les étudiants, les jeunes mamans entrepreneurs… tous, acteurs d’un Congo qui refuse de céder.
Dans une salle remplie de jeunes déterminés, les mots de la ministre ont résonné :
« La jeunesse congolaise mérite qu’on vienne à elle, même là où certains n’osent pas aller. »
Plus qu’un discours, ce fut un engagement personnel.
Voir, écouter, comprendre et agir
Contrairement à certains déplacements ministériels figés dans des cérémonials, la visite de Grâce Emy Kutino à Beni a été faite de proximité, d’écoute et de vérité crue :
• rencontres en face-à-face avec les jeunes leaders et les victimes de violences,
• échanges avec les autorités locales et mouvements citoyens,
• immersion auprès des jeunes déplacés,
• participation à des séances de réflexion sur la reconstruction sociale,
• atelier avec les jeunes entrepreneurs du Nord-Kivu.
Chaque étape avait un message :
le Congo ne se construit pas depuis Kinshasa, mais là où il souffre et où il espère.
Joséphine Mawete


