La République démocratique du Congo fait de nouveau face à une résurgence de la maladie à virus Ebola. Le ministère de la Santé publique a officiellement déclaré, vendredi 15 mai 2026, la 17ᵉ épidémie d’Ebola dans les zones de santé de Rwampara, Mongbwalu et Bunia, en province de l’Ituri, où la situation sanitaire suscite déjà une vive inquiétude.
Dans une déclaration faite à Kinshasa, le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a annoncé que les analyses réalisées par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) ont confirmé huit cas positifs de la souche Bundibugyo sur treize échantillons prélevés.
« À ce jour, 246 cas suspects sont notifiés et 80 décès parmi lesquels 4 testés positifs », a déclaré le ministre, tout en exprimant la solidarité du Gouvernement envers les familles touchées par cette nouvelle flambée épidémique.
Selon les autorités sanitaires, le cas présumé index serait un infirmier décédé au Centre médical évangélique de Bunia après avoir présenté des symptômes compatibles avec Ebola, notamment une forte fièvre, des hémorragies et des vomissements accompagnés d’une grande faiblesse.
D’après plusieurs sources locales, tout serait parti d’un homme décédé à Bunia autour du 6 mai dernier. Son corps avait été transféré à la morgue avant d’être acheminé à Mongbwalu pour les funérailles. Sur place, des proches auraient manipulé le corps afin de changer le cercueil, ignorant les risques de contamination.
Après l’enterrement, plusieurs personnes ayant été en contact avec la dépouille seraient mortes le même soir, tandis que d’autres décès suspects étaient simultanément signalés à Bunia, poussant les autorités sanitaires à intensifier les investigations.
Face à l’évolution rapide de la situation, le Gouvernement congolais a annoncé une série de mesures d’urgence, notamment l’activation du Centre des opérations d’urgences de santé publique (COUSP), le renforcement de la surveillance épidémiologique, le déploiement des équipes d’intervention rapide ainsi que la prise en charge gratuite des cas suspects et confirmés.
« Nous demandons à la population de ne pas céder à la panique et de respecter strictement les mesures de prévention », a insisté le ministre de la Santé, appelant notamment à éviter tout contact avec les personnes malades ou décédées et à signaler rapidement les cas suspects via le numéro vert 151.
Le Gouvernement a également lancé un appel à la mobilisation des partenaires techniques et financiers afin de renforcer la riposte dans cette province confrontée à un contexte sécuritaire fragile et à une forte mobilité des populations.
La situation prend par ailleurs une dimension régionale. Le ministère ougandais de la Santé a confirmé, le même jour à Kampala, un cas importé d’Ebola Bundibugyo en provenance de la RDC. Il s’agit d’un ressortissant congolais de 59 ans décédé dans un hôpital de Kampala après avoir présenté des symptômes respiratoires et hémorragiques.
Selon les autorités ougandaises, aucune transmission locale n’a été détectée à ce stade. Des équipes de surveillance ont toutefois été déployées aux postes frontaliers et plusieurs contacts placés en quarantaine.
À Bunia et Rwampara, des sources sanitaires indiquent que les équipes de Médecins Sans Frontières devraient commencer, dès ce samedi 16 mai, l’installation de Centres de traitement Ebola (CTE) pour appuyer la riposte.
Cette 17ᵉ épidémie intervient alors que la RDC reste l’un des pays les plus expérimentés dans la lutte contre Ebola, après plusieurs flambées successives enregistrées ces dernières années. Malgré cette expertise reconnue, les autorités redoutent toutefois une propagation difficile à maîtriser dans une région marquée par l’insécurité, les déplacements de populations et les défis logistiques.
Lydia Mangala


